Alors que le Mondial de l'Automobile s'ouvre ce lundi à Paris, Emmanuel Macron a confié sa vision et son programme sur la voiture électrique au quotidien Les Echos dans un entretien paru aujourd'hui. Le président de la République défend l'objectif du 100 % de véhicules électriques en 2035, "une opportunité pour réindustrialiser notre pays" et une nécessité, selon lui, "pour tenir nos objectifs climatiques". Le chef de l'Etat souhaite que la France produise deux millions de véhicules électriques en 2030, avec des investissements français et étrangers. "C'est ambitieux, mais j'ai confiance en l'excellence de notre filière, en ses dirigeants et ses salariés" assume-t-il, annonçant que le million de véhicules sera atteint en 2027.
Augmentation du bonus écologique de 1 000 euros
Emmanuel Macron compte développer une "filière 100% produite en France", afin d'éviter de devenir dépendant notamment de la Chine, grande exportatrice dans le domaine. Le président souhaite ainsi que le pays devienne autonome sur les batteries "à l'horizon 2027", expliquant que trois grands projets de gigafactory étaient sur la table. Mais pour atteindre cet objectif, il faut que les Français achètent ces voitures dont le prix reste encore trop élevé pour la plupart des ménages. Le président a donc annoncé une augmentation du bonus écologique, sans donner de date précise.
Celui-ci, actuellement de 6 000 euros, sera porté à 7 000 euros pour la moitié des ménages les plus modestes achetant un véhicule électrique. Cette aide est valable pour les véhicules vendus moins de 47 000 euros, soit des électriques compactes ou des SUV, comme la Renault Mégane ou la Peugeot 2008. Mais elle ne sera, par exemple, pas compatible avec une Tesla. Ce type de bonus a permis de faire décoller le marché des électriques dans de nombreux pays, alors qu'elles restent bien plus chères à l'achat que leurs équivalents essence ou diesel. Mais plusieurs gouvernements ont déjà baissé les montants des aides.
La "préférence européenne"
Interrogé sur la politique américaine favorisant l'achat des voitures made in USA, le président Français a souhaité renforcer la "préférence européenne", c'est-à-dire les avantages à l'achat de voitures fabriquées en Europe. Le Mondial de l'auto compte par ailleurs cette année un nombre important de constructeurs chinois, qui veulent lancer leurs modèles électriques sur le marché européen.
"Les Américains achètent américain et mènent une stratégie très offensive d'aide d'Etat. Les Chinois ferment leur marché. On ne peut pas être le seul espace, le plus vertueux sur le plan climatique, qui considère qu'il n'y a pas de préférence européenne, a pointé Emmanuel Macron. Je défends fortement une préférence européenne sur ce volet et un soutien fort à la filière automobile. Il faut l'assumer et cela doit advenir le plus vite possible."
Le bouclier tarifaire étendu aux bornes
Le bouclier tarifaire sur les prix de l'énergie va par ailleurs être étendu aux recharges sur les bornes électriques à partir de janvier 2023, a annoncé Emmanuel Macron. " Aujourd'hui les prix restent raisonnables, nous allons nous assurer qu'ils le resteront", a affirmé le chef de l'Etat, précisant que la France comptait 1,1 million de bornes au total pour 70 000 bornes publiques. "Aujourd'hui, 3 000 bornes de plus sont installées chaque mois. Nous serons à 100 000 bornes publiques sur cette partie-là à la fin du premier semestre 2023. Et à 400 000 en 2030", assure-t-il.
Le leasing de voiture électrique à 100 euros par mois, pas avant la mi-2023
La location de voitures (leasing) à 100 euros par mois pour les foyers les plus modestes devrait être lancée en parallèle entre le deuxième semestre 2023 et début 2024. "Nous sommes en train de travailler techniquement sur cette mesure à laquelle je tiens, et surtout d'en définir le calendrier, justement pour permettre de déployer le dispositif en parallèle de l'augmentation de la production en France", explique le chef de l'Etat. Il s'agissait d'une promesse de campagne.
