Le week-end a commencé avec une météo orageuse. Pour clore la séquence mémorielle entamée en début de semaine, Emmanuel Macron avait un emploi du temps réglé comme du papier à musique. Première étape: accueillir le président américain Donald Trump qui, dès son atterrissage à Paris, a tancé son homologue sur Twitter au sujet de l'hypothèse d'une "armée européenne". De quoi mettre sous tension la diplomatie française ainsi que cette amitié singulière qui lie les deux hommes.

Le président américain Donald Trump reçu à l'Elysée par son homologue français Emmanuel Macron, le 10 novembre 2018
© / afp.com/Christophe Petit-Tesson
Donald Trump et Emmanuel Macron ont ensuite été rejoints par leurs épouses pour le déjeuner. Le chef de l'État a raccompagné le locataire de la Maison blanche, qui lui-même avait un programme à suivre (qui ne l'a pas vraiment été, d'ailleurs) au cours de sa visite.
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Après les États-Unis, l'Allemagne. Emmanuel Macron a de nouveau quitté le palais de l'Élysée pour aller dans l'Oise rejoindre Angela Merkel à la clairière de Rethondes, où a été signé l'armistice du 11 novembre 1918.
Les deux dirigeants ont dévoilé une plaque commémorative, où l'on peut lire l'inscription suivante: "À l'occasion du centenaire de l'armistice du 11 novembre 1918, Monsieur Emmanuel Macron (...) et Madame Angela Merkel (...) ont réaffirmé ici la valeur de la réconciliation franco-allemande au service de l'Europe et de la paix". Ils se sont ensuite recueillis dans une ambiance à la fois solennelle et empreinte d'émotion.
Après avoir entendu retentir les hymnes français, allemand et européen, Emmanuel Macron et Angela Merkel se sont rendus dans la reproduction du wagon-restaurant où a été signé l'armistice du 11 novembre 1918. Ils y ont signé le livre d'or du centenaire de cet armistice.
Le soir, plusieurs dignitaires, parmi lesquels le Premier ministre canadien Justin Trudeau, se sont joints au couple Macron au Musée d'Orsay pour un dîner protocolaire, avant un concert à la Philharmonie de Paris (La Villette).
Le lendemain, dimanche 11 novembre 2018, s'est ouvert le grand bal des près de 70 dirigeants mondiaux défilant à l'Élysée, où les ont accueillis Emmanuel Macron et son épouse Brigitte, avant d'aller assister à la grande procession des Champs-Élysées.
Après le rendez-vous au Palais, les délégations sont sorties s'engouffrer dans des bus pour se rendre sous l'Arc de Triomphe.
Sur la route, un imprévu : une militante Femen a interrompu la course du président Donald Trump, le corps nu marqué des mots "Fake Peacemaker".
Les chefs d'Etat ont ensuite remonté les Champs-Elysées : sur cette photo, Emmanuel Macron et Brigitte, Angela Merkel, Justin Trudeau (Canada), Dalia Grybauskaite (Lituanie), Felipe VI (Espagne), Lars Lokke Rasmussen (Danemark), Jean-Claude Juncker (président de la Commission européenne).
La Patrouille de France a survolé le cortège de son éternelle traînée bleu-blanc-rouge.
Ce défilé à la fois étrange et exceptionnel comptait un absent remarqué : Donald Trump, qui a été emmené à l'arc de Triomphe via son propre convoi. Il a fini par rejoindre ses homologues dans une ambiance légèrement crispée.
Autre absent de la marche des dizaines de dignitaires : le président de la Russie, Vladimir Poutine, également arrivé ensuite par ses propres moyens en haut des Champs-Élysées.
Une fois tous les chefs d'État et de gouvernement installés, Emmanuel Macron a entamé la cérémonie de commémoration.
Après une séquence lors de laquelle des enfants ont lu des lettres de poilus écrites en plusieurs langues, Emmanuel Macron a prononcé un discours d'une trentaine de minutes, dans lequel le chef de l'État a fait l'éloge de la paix entre les nations, en particulier dans le continent européen. "Additionnons nos espoirs au lieu d'opposer nos peurs", a-t-il lancé aux 72 leaders mondiaux réunis à Paris, les exhortant au "combat pour la paix" en refusant "le repli, la violence et la domination". "Le nationalisme est l'exact contraire du patriotisme, il en est la trahison", a déclaré le président de la République.
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Le président Emmanuel Macron le 11 novembre 2018 à Paris lors d'un discours pour célébrer le centième anniversaire de l'armistice de 14-18
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À l'issue de son discours, l'Orchestre des jeunes de l'Union européenne a interprété Le Boléro de Maurice Ravel.
Emmanuel Macron a ensuite ravivé la flamme du soldat inconnu, aux côtés des enfants qui ont lu des témoignages de personnes ayant traversé la Grande Guerre.
Une fois la cérémonie terminée, l'immense délégation a pris le chemin de l'Élysée pour une réception suivie d'un déjeuner. Des agapes précédées d'une allocution de l'hôte des lieux, Emmanuel Macron.
Quelques minutes plus tard, une manifestation place de la République à l'appel du collectif "Ni guerres ni état de guerre" rassemblait plusieurs centaines de personnes. Elles protestaient notamment contre la venue de Donald Trump à Paris.
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Dans l'après-midi dimanche, Emmanuel Macron a invité les chefs d'Etat présents au "Forum pour la paix" à Paris, à la grande halle de la Villette. Dès l'ouverture, il a convié Angela Merkel à s'exprimer à la tribune. Comme son homologue français avant elle, la chancelière allemande a estimé que le "projet européen de paix" né après 1945 était menacé par la montée du nationalisme et du populisme.
"Nous voyons bien que la coopération internationale, un équilibre pacifique entre les intérêts des uns et des autres, et même le projet européen de paix sont de nouveau remis en question", a déclaré Angela Merkel.
Le forum a également été l'occasion d'une "photo de famille" pour laquelle tous les chefs d'Etat présents ont regardé, pour un instant, dans la même direction.
Au même moment, Donald Trump avait choisi de boycotter le forum international. Il a préféré visiter le cimetière américain de Suresnes, sur la pente du mont Valérien (Hauts-de-Seine), plutôt que de finir la journée avec les autres chefs d'Etat. Après avoir rendu hommage à ses compatriotes et aux Européens morts au combat, il a repris l'avion pour Washington.