Anne Hidalgo a balayé d'un revers de la main les critiques sur la présence de deux de ses adjoints à la marche contre l'islamophobie dimanche dernier. Ce sont des manoeuvres "bassement électoralistes" de la part de ses opposants, a dénoncé la maire PS de Paris interrogée jeudi au Conseil de Paris.
"Personne à l'extérieur de cette salle ne doute du fait que nous sommes engagés contre l'antisémitisme et le racisme. Personne à l'extérieur de cette salle ne doute de mes convictions laïques", a-t-elle rétorqué, en réponse aux questions de Jérôme Dubus, chef de file des macronistes de droite (PPCI).
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Dimanche, les adjoints au Logement Ian Brossat (PCF) et à la Vie nocturne Frédéric Hocquard (Générations) ont participé à cette marche, au cours de laquelle certains manifestants arboraient une étoile jaune avec l'inscription "muslim" ("musulman"), rappelant - bien qu'elle n'ait que cinq branches et non six comme l'étoile de David - celle que devaient porter les juifs pendant la Seconde guerre mondiale.
"Des raisons bassement électoralistes" à quatre mois des municipales
"Condamnez-vous ces participations déplacées, ces prises de position?", a demandé Jérôme Dubus, dénonçant sur le sujet un "silence assourdissant" de la maire. "Nul besoin de faire venir dans cette assemblée (ces) débats", a répondu Anne Hidalgo. "Nous ne voulons pas introduire le poison de la division", a-t-elle ajouté, accusant l'élu et le macroniste de gauche, Didier Guillot (Démocrates et Progressistes), qui a également interrogé la maire sur le sujet, de poser ces questions "pour des raisons bassement électoralistes" à quatre mois des élections municipales.
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Peu avant, son premier adjoint Emmanuel Grégoire avait "refusé de condamner un élu qui a manifesté pour défendre des valeurs universalistes et républicaines". "Nulle personne qui exerce son droit constitutionnel de manifester n'est responsable et solidaire des exactions des extrémistes qui veulent s'y intégrer", a-t-il souligné.
Benjamin Griveaux, investi par LREM pour défier Anne Hidalgo aux municipales de mars 2020, a accusé dans la soirée la maire et son premier adjoint de "perdre toute boussole" et de "sacrifier les valeurs de la gauche républicaine sur l'autel des alliances électorales". "Entre ceux qui pensent que la laïcité est une liberté et ceux pour qui elle est liberticide, il ne peut y avoir de compromis, seulement des compromissions", a-t-il écrit dans un communiqué.