Selon l'ancienne juge d'instruction, il y a eu des "dysfonctionnements" dans le traitement de l'affaire Merah. C'est pour cela qu'Eva Joly a estimé dimanche que le directeur central du renseignement intérieur (DCRI), Bernard Squarcini, et le patron de la police, Frédéric Péchenard, devraient démissionner.
"Dans n'importe quel autre pays démocratique, Bernard Squarcini et Fréderic Péchenard n'oseraient plus se montrer. Voir aujourd'hui qu'ils pavoisent et qu'ils expliquent que la France a besoin d'un nouveau texte" pour "permettre de surveiller l'internet sans limites" est anormal, a déclaré la candidate EELV à la présidentielle et ancienne magistrate sur BFM-TV. Relancée, elle a ajouté que "ces deux responsables devraient démissionner parce que leurs services ont dysfonctionné et ce dysfonctionnement n'est pas nouveau".
Claude Guéant a "fait de la mise en scène"
"Bernard Squarcini est mis en examen pour avoir violé les règles et espionné les journalistes, dont les sources sont protégées", a-t-elle souligné. "Il n'avait pas démissionné alors mais aujourd'hui, alors que nous avons un dysfonctionnement tellement évident et avec des conséquences tellement dramatiques pour notre communauté, comment est-ce possible qu'il reste en poste?", s'est-elle interrogée.
Eva Joly a par ailleurs reproché au ministre de l'Intérieur "d'avoir fait une mise en scène, qui jette de la suspicion sur l'enquête. C'est inutile". "On a vu un Claude Guéant qui commentait en temps réel, qui se faisait le haut-parleur des dires du suspect et en fait donnait une forme de crédibilité à sa parole. Il était dans tous les rôles, il était à la fois ministre de l'Intérieur, celui qui dirige l'enquête, celui qui dirige le Raid, celui qui fait le journaliste", a-t-elle ajouté.
"Je demande à ce qu'on rentre dans l'ordre et qu'on ne pense pas que c'est parce que Claude Guéant était là que les choses se sont résolues", a-t-elle insisté. "Nicolas Sarkozy était dans son rôle de président. C'est Claude Guéant qui n'était pas" dans le sien. "Quand on connaît la proximité entre les deux hommes, on peut voir qu'il y a eu une mise en scène et je dénonce cette mise en scène", a poursuivi Eva Joly.
