Selon un bilan de l'Observatoire national des zones urbaines sensibles paru en 2008, les milliards injectés dans les banlieues ont eu des effets positifs. Si le taux de chômage des jeunes reste élevé dans les quartiers -deux fois plus qu'ailleurs- il a néanmoins baissé au fil des ans.
Dans les zones franches urbaines, l'activité économique a été stimulée par les exonérations fiscales. Mais chaque embrasement des banlieues rappelle l'ampleur des ségrégations sociales et ethniques qui persiste en France que les nombreux programmes n'ont pas suffi à réduire.
La politique de la ville démarre en 1981, après les troubles de la banlieue lyonnaise, notamment à Vénissieux. Des programmes de développement social des quartiers (DSQ) sont mis en place dans une vingtaine de cités. En 1984, le nombre de quartiers concernés passe à 142, puis à plus de 500 en 1989.
Parallèlement, l'axe est mis sur l'éducation avec la création de zones d'éducation prioritaire (ZEP) créées par Alain Savary, ministre de l'Éducation. Il s'agit d'adopter des programmes spécifiques pour les enfants en difficulté scolaire dans les zones sensibles. On s'engage aussi dans la lutte contre la délinquance en mettant l'accent sur la prévention, avec la création du Conseil national de la prévention de la délinquance (CNPD), sous la houlette de Gilbert Bonnemaison, avec en particulier les opérations "prévention été".
En 1983 est lancée la mission " Banlieues 89" dirigée par Roland Castro et Michel Cantal Dupart, dont l'objectif est de réhabiliter et relier entre elles les banlieues.
En 1988 est créée la Délégation interministérielle à la ville (DIV), qui regroupe les ministres concernés, des maires et des personnes qualifiées et accorde à 400 quartiers les bénéfices des dispositifs de la seconde génération des DSQ.
En 1990, après les troubles de Vaulx-en-Velin, François Mitterrand annonce la création d'un ministère de la Ville, confié à Michel Delebarre. Plusieurs lois sont votées pour accompagner cette politique : la loi du 13 mai 1991 sur la solidarité financière entre les communes, qui vise à renforcer la solidarité entre communes riches et communes pauvres; la loi d'orientation pour la ville (LOV) du 13 juillet 1991, qui entend remédier à la ségrégation urbaine en préservant l'habitat social dans les centres villes.
En 1993, sont lancés une dizaine de grands projets urbains (GPU) qui prévoient une profonde restructuration des grands ensembles les plus dégradés.
En 1994, sous l'impulsion de Simone Veil, les premiers contrats de ville sont signés. Ils prévoient l'élaboration d'un projet global de développement de l'aménagement urbain, de l'action sociale, culturelle et de formation, ainsi que de prévention de la délinquance. 185 sites sont choisis.
En 1996, le gouvernement d'Alain Juppé crée le pacte de relance pour la ville (PRV) qui met l'action sur la création d'emploi. Plus de 700 zones urbaines sensibles (ZUS) sont créées, concernant 4,5 millions de personnes; elles offrent des exonérations fiscales aux entreprises qui s'y installent. Sont également créées 400 zones de redynamisation urbaine (ZRU) où les entreprises bénéficient d'exonération de taxe professionnelle et de cotisations sociales. 44 zones franches urbaines (ZFU) doivent bénéficier d'avantages supplémentaires.
En 1999, le gouvernement Jospin met l'accent sur la qualité de vie. Cinquante sites sont sélectionnés pour bénéficier de grands projets de villes (GPV), dotés d'un financement global de 840 millions d'euros sur six ans. L'effort de l'Etat pour les contrats de ville est en hausse de 44% (2,6 milliards d'euros sont prévus pour la période 2000-2006).
En 2000, la loi solidarité et renouvellement urbains (SRU) a pour objet de mieux répartir les logements sociaux et de résorber l'habitat insalubre, le mitage des périphéries et le développement anarchique des transports urbains. Elle impose aux communes de plus de 3500 habitants 20% de logements sociaux.
En 2003, la loi d'orientation et de programmation pour la ville et la rénovation urbaine, dite "loi Borloo", met l'accent sur la rénovation urbaine avec son programme national de rénovation urbaine (PNRU) et la création de l'agence nationale pour la rénovation urbaine (ANRU, 30 milliards d'euros sur cinq ans) qui lance un vaste programme de démolition, afin de "casser les ghettos". Le dispositif des zones franches urbaines (44) est prolongé pour cinq ans et doit être élargi pour parvenir à 85.
Après les émeutes de novembre 2005, Dominique de Villepin annonce un projet de loi "égalité des chances" qui propose notamment une réforme de l'apprentissage et un contrat de responsabilité parentale. Les crédits de rénovation urbaine sont augmentés (de 20 à 30 millions d'euros d'ici à 2010) et la politique de diminution des aides aux associations est remise en cause (100 millions d'euros sont débloqués).
En 2006, la loi Engagement National pour le Logement(loi ENL) promeut l'augmentation de l'offre de logements à loyers maîtrisés et l'aide à l'accession à la propriété pour les ménages modestes.
En 2007, l'Agence nationale pour la cohésion sociale et l'égalité des chances concentre les crédits participant au développement social des quartiers. L'enveloppe gérée par ce nouveau "guichet unique", de l'ordre de 500 millions annuels, s'appuie sur le FIV (Fonds interministériel d'intervention pour la ville) et les moyens du Fasild (Fonds d'action et de soutien pour l'intégration et la lutte contre les discriminations).
En 2008, le "plan espoir banlieue" présenté par Fadela Amara prévoit un "contrat d'autonomie", proposé aux "jeunes sans emploi des quartiers" de moins de 26 ans, afin de leur apprendre les "codes nécessaires à l'insertion dans l'entreprise", et des "écoles de la deuxième chance", organismes privés qui doivent accueillir 4000 jeunes en échec scolaire dans 24 départements. 4000 policiers doivent être déployés dans 200 quartiers touchés par la violence urbaines, les unités territoriales de quartier (UTQ).
