ROYAUME-UNI
Série noire pour Boris Johnson
Rien ne va plus pour le Premier ministre. Son négociateur du Brexit, David Frost, a démissionné le 19 décembre. Trois jours plus tôt, ses Tories ont perdu leur bastion de North Shropshire au profit des libéraux-démocrates, lors d'une législative partielle.
Une défaite logique après une série de scandales, dont une affaire de corruption et la révélation de fêtes à Downing Street - la résidence du Premier ministre - en plein confinement. Cet échec électoral "indique aux députés conservateurs que Johnson a peut-être cessé d'être un gagnant et pourrait être un handicap", relève le Financial Times.
PAYS-BAS
Fêtes confinées
Face à la cinquième vague de Covid-19 et à la progression du variant Omicron, le Premier ministre néerlandais Mark Rutte a dû se résoudre à placer son pays sous cloche. Les magasins non essentiels, les restaurants, les cafés et les lieux culturels ont fermé leurs portes le 19 décembre pour quatre semaines. Les regroupements sont limités à deux invités, sauf pour Noël et le Nouvel An (quatre invités). "Une décision en partie due au fait que les Pays-Bas sont à nouveau en retard dans la vaccination, cette fois-ci concernant la troisième dose", estime le quotidien De Volkskrant.
MALI
La visite avortée d'Emmanuel Macron
Officiellement, le président français a annulé son déplacement à Bamako, prévu le 20 décembre, en raison du variant Omicron. Mais en coulisse, Paris et Bamako n'étaient pas parvenus à s'entendre sur le format de la rencontre entre Emmanuel Macron et son homologue à la tête de la transition, Assimi Goïta.
La France exigeait la présence d'autres dirigeants de la région, notamment pour évoquer le calendrier électoral au Mali, ce que refusait Goïta. "Macron a sauvé sa tête : le président français aurait pris de gros risques en allant au Mali", écrit Le Pays, en référence aux récentes manifestations anti-françaises au Sahel.
ÉTATS-UNIS
Répression des Ouïgours : Washington frappe Pékin
L'administration Biden brandit l'arme économique pour faire pression sur la Chine, accusée de génocide contre la minorité ouïgoure, dans la province du Xinjiang. Les Etats-Unis ont annoncé le 16 décembre des mesures pour punir Pékin : l'interdiction des importations d'un large éventail de produits fabriqués dans le Xinjiang et des sanctions ciblées contre des entreprises chinoises de la high-tech et des biotechnologies. "Le projet de loi représente la réponse législative la plus énergique à ce jour à la campagne de la Chine contre les Ouïgours", souligne le New York Times.
CHILI
Virage à gauche
Il est devenu, à 35 ans, le plus jeune chef d'Etat du Chili démocratique et le mieux élu, avec un taux de participation record de 55,6 %. Le candidat de gauche Gabriel Boric a remporté la présidentielle haut la main le 19 décembre face à son adversaire d'extrême droite, José Antonio Kast. "Le président du changement", titre La Tercera. Son défi ? Tourner définitivement la page Pinochet, dans le sillage des manifestations pour la justice sociale démarrées en 2019. La tâche s'annonce difficile pour le président élu, qui "n'a pas de majorité parlementaire dans les deux chambres", rappelle le quotidien chilien.
ARABIE SAOUDITE
Riyad espionne un enquêteur de l'ONU
Le sulfureux logiciel espion Pegasus n'a pas révélé tous ses mystères : une enquête du Guardian, publiée le 20 décembre, affirme que les autorités saoudiennes ont utilisé ce puissant programme pour cibler, en 2019, le téléphone de Kamel Jendoubi, membre d'un groupe d'experts des Nations unies. Ce dernier avait été mandaté pour enquêter sur d'éventuels crimes de guerre commis par Riyad au Yémen. "La révélation a suscité une réaction tiède du bureau du secrétaire général de l'ONU, note le Guardian. Son porte-parole a déclaré que Jendoubi était un expert indépendant et que l'ONU lui laisserait le soin de commenter sa situation."
HONGKONG
Un scrutin (fantoche) boudé par les électeurs
Jamais l'élection du conseil législatif de Hongkong n'avait si peu mobilisé. A peine 3 électeurs sur 10 ont voté pour ce premier scrutin depuis l'entrée en vigueur d'une réforme électorale en mars 2021. Seuls les candidats "patriotes" - loyaux envers Pékin - pouvaient se présenter, ultime symbole de la reprise en main du territoire par la Chine, après les manifestations pro-démocratie de 2019.
"Une large majorité des électeurs ont décidé de boycotter le scrutin, car ils pensaient qu'il n'était pas démocratique et que ses résultats seraient illégitimes", commente le sinologue Jean-Pierre Cabestan dans le Financial Times.
