L'annonce a de quoi rappeler à notre mémoire de mauvais souvenirs. Ce samedi 23 juillet, et alors que l'épidémie de Covid-19 n'est toujours pas terminée, le directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a annoncé déclencher le plus haut niveau d'alerte pour faire face à la flambée des cas de variole du singe. La maladie a déjà affecté près de 17 000 personnes dans 74 pays.
Outre-Atlantique, alors que près de 3000 Américains ont déjà été infectés par ce virus, d'ordinaire davantage présent sur le continent africain, la ville de New York fait face à une flambée de cas. Au 25 juillet, 1040 personnes y ont été testées positives. "Il y a probablement beaucoup plus de cas qui n'ont pas été diagnostiqués", prévient le département santé de l'Etat de New York, sur son site internet.
Premier cas le 19 mai
Officiellement, le premier cas de variole du singe à New York remonte au 19 mai dernier. D'abord traité pour une infection sexuellement transmissible mi-mai, le premier patient de la ville a finalement été testé positif à la variole du singe, aussi appelée Orthopoxvirus. La "Grosse Pomme" reste quelques jours avec un seul et unique patient atteint par cette épidémie, qui au même moment, se répand au Canada mais aussi en France, au Royaume-Uni et en Espagne.
Jusqu'au 20 juin, le nombre de cas quotidiens ne dépasse pas les dix. Mais quinze jours plus tard, le 7 juillet, 56 tests positifs sont réalisés. Tandis que le 12 juillet, la ville enregistre 65 personnes contaminées. Le plus haut nombre de cas détectés en une journée jusqu'à présent, selon le département de santé de l'Etat de New York.
Des files d'attente pour la vaccination
Depuis, la plus grande ville des États-Unis, qui compte entre 8 et 9 millions d'habitants, a mis à disposition de nombreux créneaux de vaccination. Mais les services de santé ont dû s'excuser à plusieurs reprises après de nombreux ratés sur le site Internet dédié aux réservations. "Submergé par le trafic", alors que 1250 créneaux de rendez-vous étaient disponibles, le site a planté plus d'une fois.
Le 15 juillet, 9200 créneaux avaient été libérés à 18 heures, relate l'AFP. Ils sont partis en sept minutes. Ces derniers jours, il n'était d'ailleurs pas rare de voir de longues files d'attente devant les centres de vaccination.
En cause, selon de nombreuses associations de défense des droits LGBTQI+, le manque de vaccins attribués à la ville. "Manhattan est l'épicentre de l'épidémie, mais la ville n'a pas eu sa juste part de vaccins. Nous avons eu 30% des infections, mais seulement 10% des doses", déplore Jason Cianciotto, vice-président de l'association de lutte contre le sida GMHC, auprès de nos confrères du Monde.
Près de 21 500 doses ont déjà été administrées. "Mais l'approvisionnement en vaccins reste faible. NYC reçoit un nombre limité de doses du gouvernement fédéral et nous les mettons à la disposition des New-Yorkais le plus rapidement possible", signale le département santé de l'état sur son site.
Pas de congés maladie en cas d'infection
En revanche, contrairement au protocole qui avait été mis en place au plus fort de l'épidémie de Covid-19, l'Etat fédéral ne prend cette fois-ci pas en charge de congés maladie. Et les consultations médicales restent payantes.
La Maison-Blanche a affirmé, ce dimanche 25 juillet, que l'épidémie de variole du singe, pouvait être "éliminée" des Etats-Unis grâce à un plus grand nombre de vaccins et de tests de dépistage disponibles. "Le plan c'est d'éliminer le virus des Etats-Unis. Nous pouvons le faire", a déclaré le coordinateur de la réponse au coronavirus à la Maison-Blanche, Ashish Jha, dans une émission télévisée. "Nous avons agi rapidement", a-t-il assuré, répondant aux critiques évoquant une réaction trop tardive des autorités sanitaires depuis les premiers cas en mai à New York.
