ÉTATS-UNIS
Le périlleux retrait d'Afghanistan
Fidèle à sa promesse de campagne d'en finir avec les guerres sans fin, le président a annoncé le 14 avril le rapatriement des GI d'Afghanistan d'ici au 11 septembre 2021. Soit vingt ans après l'attentat du World Trade Center, déclencheur de l'engagement qui a coûté la vie à 2 400 soldats américains. Le pari est risqué. Chassés en 2001, les talibans sont aujourd'hui aux portes du pouvoir. Face au spectre de la guerre civile et d'un potentiel retour de la menace terroriste, "Biden devra passer rapidement d'une stratégie de terrain à un antiterrorisme à distance", selon Politico, basé notamment sur des appuis au Pakistan voisin, allié stratégique des talibans.
PAKISTAN
Vent de colère antifrançais
La France a demandé le 15 avril à ses ressortissants de quitter le pays, après une série de violentes manifestations contre la présence tricolore, encouragées par le parti islamiste radical TLP. Ce dernier n'a pas digéré les propos d'Emmanuel Macron sur le droit à la caricature. Le chef du TLP a été arrêté, et sa formation interdite, officiellement pour ses actions "inconstitutionnelles", a précisé Imran Khan, se gardant bien d'incriminer l'extrémisme religieux du parti. Un numéro d'équilibriste pour le Premier ministre qui tente de "préserver la base islamique dure du Pakistan tout en maintenant une relation avec l'Occident." analyse le Guardian.
HONGKONG
Quatorze mois de prison pour Jimmy Lai
Pour avoir participé à des manifestations prodémocratie en 2019, le magnat de la presse Jimmy Lai, arrêté début décembre, passera quatorze mois en détention. Plusieurs autres figures du mouvement de protestation étaient jugées ce même 16 avril, y compris le fondateur du Parti démocratique de Hongkong, Martin Lee, condamné à onze mois de prison avec sursis. En quelques mois, la Chine a sévèrement repris en main le territoire semi-autonome en imposant une loi de sécurité nationale drastique et une réforme électorale. La "terreur" règne, juge le Front civil des droits de l'homme, cité par le South China Morning Post.
IRAN
Des négociations sous haute tension
La bataille entre Israël et l'Iran aura-t-elle raison de la relance des discussions, à Vienne, pour rétablir l'accord nucléaire de 2015 ? L'attaque, le 11 avril, du site nucléaire iranien de Natanz, attribuée par Téhéran à l'Etat hébreu, a sonné la première alarme. La République islamique a riposté en déclarant lancer, pour la première fois, la production d'uranium enrichi à 60 %. "L'annonce menace de faire dérailler les pourparlers : une telle mesure représente un risque de prolifération grave qui n'est pas acceptable, même pour les alliés de l'Iran, la Chine et la Russie" observe la BBC, pour laquelle il y a "urgence" à trouver un compromis.
CUBA
Rideau sur l'ère Castro
Une page se tourne à La Havane, où, pour la première fois depuis 1959, le Parti communiste ne sera plus dirigé par un Castro. Raul, frère de Fidel, a annoncé le 16 avril céder son siège à Miguel Diaz-Canel, président du pays depuis 2018. Mais la fin des Castro ne signifie pas la fin du régime communiste cubain, prévient le Miami Herald. "La famille Castro fonctionne comme un cartel de la drogue : le baron prend sa retraite, mais le contrôle reste aux mains de ceux qu'il a choisis", poursuit le journal, qui donne la parole à plusieurs exilés las d'espérer que justice soit rendue pour les "crimes" de la révolution.
RUSSIE
Navalny transféré à l'hôpital
Ses proches le disaient au bord de la mort. L'opposant anticorruption, en grève de la faim depuis le 31 mars pour protester contre ses conditions de détention, a été hospitalisé le 19 avril pour recevoir une "cure de vitamines". Son état de santé est "satisfaisant", prétend le Kremlin, balayant les inquiétudes des chancelleries occidentales. Washington avait averti qu'il y aurait des "conséquences" pour Moscou si le militant mourait. Mais si Poutine "utilise Navalny pour négocier avec l'Occident, alors sa monnaie d'échange doit être vivante", souligne Novaïa Gazeta.
UNION EUROPÉENNE
Le plan de relance peine à décoller
Neuf mois après son adoption en Conseil européen, le plan de relance à 750 milliards d'euros en est encore au préambule. Bruxelles a présenté le 14 avril sa stratégie pour lever cette somme historique via l'émission d'obligations et de titres de créance de court terme. L'objectif ? Emprunter 150 milliards chaque année jusqu'à fin 2026. Si le processus se déroule comme prévu, les transferts de fonds aux pays membres devraient commencer dans la seconde quinzaine de juillet. Mais la Commission pourrait ne pas tenir ces délais, selon le site Euractiv. Au 16 avril, seuls 17 Etats avaient ratifié le texte. Et aucun n'avait encore soumis son plan d'utilisation des sommes allouées.
