BIRMANIE

La répression fait ses premières victimes

Elle est devenue la martyre de la résistance contre les putschistes du 1er février : Mya Thwate Thwate Khaing, 20 ans, est morte le 19 février des suites d'une blessure par balle de la police. Ses funérailles ont rassemblé des milliers de personnes au cri d'"A bas la dictature !". Malgré la répression qui s'intensifie - au moins deux personnes tuées le week-end dernier -, des dizaines de milliers de citoyens ont défilé lundi, répondant à l'appel à la grève générale. "L'éventualité d'une résolution pacifique s'éloigne de plus en plus", estime l'historien Thant Myint-U, cité par le Guardian.

ARGENTINE

Le scandale des vaccinés VIP

Il n'y a pas qu'au Pérou que des personnalités ont bénéficié en avant-première de l'antidote contre le Covid-19. Le ministre de la Santé argentin, Gines Gonzalez Garcia, a démissionné le 19 février après des révélations chocs : il aurait réservé 3000 doses du vaccin russe Spoutnik V et permis à des amis de se faire immuniser en priorité, en pleine pénurie de vaccins dans le pays. "Pour le président Alberto Fernandez qui, en l'absence de succès économiques, comptait sur une campagne de vaccination efficace en vue des élections législatives de novembre, cette crise constitue un grave problème", commente El Pais.

GEORGIE

Démission surprise du Premier ministre

Le tribunal de Tbilissi a mis le feu aux poudres, le 17 février, en demandant l'arrestation du chef du principal parti d'opposition, accusé d'avoir fomenté l'assaut contre le Parlement, en juin 2019. Arguant que ce jugement aggraverait la crise politique que traverse le pays depuis les législatives contestées d'octobre dernier, le Premier ministre, Guiorgui Gakharia, a démissionné. Le profil de son remplaçant, Irakli Garibachvili, inquiète. Connu pour ses positions radicales, il a déjà occupé ce poste de fin 2013 à fin 2015, et l'avait quitté "en raison de ses échecs politiques mais aussi d'allégations généralisées de corruption", relève le site Euronews.

ESPAGNE

Un rappeur en prison, la jeunesse en colère

"Liberté pour Pablo Hasel !" ont scandé des milliers de personnes à Barcelone, Valence et Madrid après la condamnation du rappeur catalan, le 16 février, à neuf mois de prison pour apologie du terrorisme. Il avait traité le roi en exil Juan Carlos de "mafieux" et fait l'éloge de l'organisation basque indépendantiste ETA. Certaines manifestations ont dégénéré en émeutes, symptôme d'un profond malaise, analyse El Periódico de Catalunya. "La crise économique provoquée par la pandémie, la montée du parti d'extrême droite Vox et le chômage très élevé des jeunes a suscité un sentiment de colère" prêt à embraser la jeunesse à tout moment.

LIBAN

L'enquête sur l'explosion du port repart à zéro

Plus de six mois après l'explosion du port de Beyrouth, qui a tué plus de 200 personnes et en a blessé 6000 autres, le juge Fadi Sawan, chargé de l'enquête, en a été dessaisi le 18 février. Officiellement pour présomption de partialité et non-respect de la Constitution. Mais de nombreuses voix dénoncent une décision politique. Car le magistrat avait inculpé deux députés, ministres l'un des Finances et l'autre des Travaux publics au moment du drame, soupçonnés de négligence. "La magistrature libanaise n'est plus là pour rendre la justice en toute indépendance, mais pour servir un pouvoir inique", déplore L'Orient-Le Jour.

ALGÉRIE

Un remaniement très partiel

Deux ans après le Hirak - la révolte qui a conduit à la chute du président Abdelaziz Bouteflika -, l'Algérie nouvelle promise par son successeur, Abdelmadjid Tebboune, se fait attendre. Ce dernier a donné des gages, ce 19 février, en libérant une quarantaine de détenus politiques, y compris le journaliste Khaled Drareni. Mais le remaniement annoncé deux jours plus tard déçoit, en pleine crise économique et politique. L'équipe est en majorité reconduite, à commencer par le Premier ministre. Ce choix traduit "l'inconscience" du président, regrette le site Algérie Part. "Dans la nouvelle Algérie de Tebboune, on ne change jamais une équipe qui... perd."

ÉTATS-UNIS

L'espoir de la reprise économique

La barre des 500 000 morts du virus a été franchie le 21 février, le pire bilan au monde en valeur absolue. Mais les Américains entrevoient la lumière : les contaminations et les décès sont en baisse, et la campagne vaccinale avance. Surtout, le plan d'aide à 1,9 milliard de dollars de Joe Biden devrait, s'il est voté par le Congrès, amortir le choc économique de la crise et faire grossir "la montagne de milliers de milliards de dollars" sur laquelle sont assis les consommateurs après des mois d'épargne, rapporte le New York Times. De l'argent qui pourrait être "libéré" dès la fin de la pandémie, provoquant un "boom post-Covid", selon certains analystes.