Ils seraient entre 500 et 600 000 en Irak, et sont désormais des dizaines de milliers à fuir dans les montagnes pour échapper à l'Etat Islamique (EI). Les yézidis, minorité monothéiste ancienne, sont pourchassés comme les Kurdes et les chrétiens d'Irak car vus comme adorateurs du Diable et incompatibles avec le califat, résume Buzzfeed.
Qui sont-ils ?
Le calendrier yézidi, qui nous place en l'an 6764 ,comme l'indique Rue89, montre l'ancienneté de cette communauté adepte d'une religion monothéiste et syncrétique où se rencontrent des éléments du christianisme, de l'Islam et du Zoroastrisme. En plus de l'Irak, certains vivent dans les ex-républiques soviétiques du Caucase.
Leur fondateur vénéré aurait vécu au 12ème siècle et repose dans la ville iraquienne de Lalish, lieu de pèlerinage yézidi, détaille Buzzfeed. Leurs pratiques religieuses comprennent la circonsision et le baptême, et leur Dieu est représenté par sept anges, explique le Washington Post. Ils parlent majoritairement le kurde.
Que leur arrive-t-il ?
Dimanche 3 août, les djihadistes de l'EI ont défait les forces kurdes et pris la ville de Sinjar, au nord-ouest de l'Irak, poussant des dizaines de milliers d'habitants à fuir dont une majorité de yézidis. Entre 10 000 et 50 000 personnes seraient cachées dans les montagnes autour de la ville parmi lesquelles se trouveraient 25 000 enfants, indiquent les Nations Unies.
Bloqués en altitude, sans ressources, les yézidis commencent à mourir de soif, raconte le Washington Post. "Des enfants meurent dans les montagnes et sur les routes" explique Marzio Babille, représentant en Iraq de l'UNICEF, au quotidien américain. "Il n'y a pas d'eau, pas de végétation, ils sont complètement coupés du monde et encerclés par l'EI. C'est un désastre complet" déplore-t-il.
Leur vient-on en aide ?
La tentative du gouvernement irakien de parachuter des bouteilles d'eau aux réfugiés a eu peu de succès. Les forces kurdes, les peshmergas, tentent d'empêcher l'avancée de l'EI mais subissent des revers. Le président des Etats-Unis, Barack Obama, a annoncé jeudi prévoir des parachutages humanitaires "pour éviter un acte de génocide".
Au parlement de Bagdad, une députée yézidie a fait forte impression mercredi en plaidant avec émotion la cause de son peuple. En larmes, Vian Dakhil a dénoncé un massacre justifié par l'extrêmisme religieux. "Il y a un génocide menée contre les yézidis" lance la députée tandis qu'elle décrit le sort réservée aux familles bloquées dans les montagnes. "Je parle ici au nom de l'humanité. Sauvez-nous !" implore-t-elle avant de s'effonder dans les bras de ses collègues.