On ignore pour l'heure si l'intention de Daech est de faire sauter le joyau d'architecture antique, ou bien d'empêcher les forces syriennes d'avancer et de reprendre la ville. Mais les jihadistes du groupe Etat islamique (EI) ont truffé de mines et d'explosifs le site antique de Palmyre, en Syrie, indique ce dimanche l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Vue en date du 14 mars 2014 de la ville antique de Palmyre en Syrie
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L'armée syrienne aux portes de Palmyre
Située dans le centre de la Syrie, Palmyre est tombée aux mains des jihadistes le 21 mai dernier, faisant craindre pour son inestimable patrimoine archéologique, alors que l'EI a consciencieusement détruit des sites antiques entiers en Irak. Appelée la "perle du désert", la cité de Palmyre est inscrite par l'Unesco au patrimoine mondial de l'humanité. Située à 210 km au nord-est de Damas, elle est réputée pour ses colonnades torsadées romaines, ses temples, et ses tours funéraires.
L'ONG a précisé que le régime syrien avait mené de nombreuses frappes aériennes contre les quartiers résidentiels de Palmyre ces dernières 72 heures, faisant au moins 11 morts. "Les forces du régime sont à l'extérieur de la ville, à l'ouest, et ont fait venir du renfort ces derniers jours, ce qui suggère qu'elles préparent peut-être une opération pour reprendre Palmyre", a expliqué le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane.

Des soldats syriens engagés dans des combats contre l'Etat islamique au nord-est de Palmyre le 17 mai 2015
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"Je suis très pessimiste, je suis triste"
Le directeur des Antiquités syriennes Maamoun Abdel Karim a indiqué dimanche qu'il avait reçu des informations affirmant que les antiquités avaient été piégées. "Nous avons reçu de premières informations d'habitants qui disent que cela est exact. Ils (l'EI) ont truffé les temples de mines", a-t-il déclaré. "J'espère que ces informations sont inexactes, mais nous sommes inquiets", a-t-il ajouté, appelant "les habitants de Palmyre, les chefs des tribus, les religieux et les hommes de culture à intervenir pour empêcher que cela ne se reproduise et (la répétition) de ce qui s'est passé dans le nord de l'Irak". Mais, "je suis très pessimiste, je suis triste", a ajouté le fonctionnaire.
Depuis la prise de la ville, l'EI y a commis des exactions, dont la décapitation de 20 hommes sur le site antique, et y a fait exploser la prison, l'une des plus fameuses de Syrie pour les tortures qui y étaient infligées par le régime de Bachar al-Assad. L'EI a profité du conflit en Syrie, commencé en mars 2011, pour s'y implanter et il contrôle désormais un tiers du pays, selon l'OSDH.

Image obtenue le 30 mai 2015 provenant du média jihadiste Welayat Homs montrant la destruction présumée de la prison de Palmyre par le groupe Etat islamique (EI)
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