"Soulagés". Les premiers chrétiens d'Irak qui fuient une situation "catastrophique" dans leur pays sont arrivés en France. Premiers à obtenir un visa d'asile, explique La Croix, ils bénéficient de l'engagement commun du ministre de l'intérieur Bernard Cazeneuve et du chef de la diplomatie Laurent Fabius en faveur de leur accueil. Ils ont raconté aux médias la menace posée par les djihadistes de l'EI.

"On doit se convertir à l'islam"

"Notre vie en Irak est devenue insupportable" témoigne Bassima dans Le Parisien. "Notre communauté a été chassé de Mossoul, les maisons pillées", ajoute son mari. "Les islamistes ont tout volé". Si le danger s'est éloigné, quitter son pays reste difficile. "Je suis heureuse d'être ici", explique Raghda, la fille aînée, toujours au Parisien. "Mais (je suis) à la fois triste d'avoir abandonné mon pays, mes études. Je vais devoir tout recommencer" regrette-t-elle.

"On nous traite de mécréants" a déclaré à l'AFP Nabeel Yousif, remerciant au passage le gouvernement français pour son accueil. "La vie des chrétiens d'Irak est en danger" renchérit-il au Figaro. Lui aussi a le mal du pays mais se demande comment y retourner. "Tous les chrétiens d'Irak pensent la même chose, assure-t-il, et un grand nombre voudraient se mettre à l'abri. Cela va au-delà d'un inconfort de vie ou d'insultes".

En Irak, les islamistes radicaux de l'EI, L'Etat Islamique, imposent aux chrétiens et autres communautés non-musulmanes de se convertir, sous peine de payer un impôt, ou de mourir. "Les djihadistes nous disent de nous convertir à l'islam" explique encore Nabeel Yousif à RFI. "Sinon, il faut quitter le pays sans rien emporter".

Des visas de six mois

Cousins de l'ancien archevêque chaldéen de Mossoul, assassiné en mars 2008 en Irak après son enlèvement, la famille était protégée par le Haut-Commissariat aux Réfugiés en Syrie, rappelle La Croix. Ils s'étaient ensuite réfugiés à Bagdad. En France, ils ont d'abord été accueillis dans un foyer tenu par France Terre d'Asile à Créteil.

D'une durée de six mois, les visas sont délivrés de façon exceptionnelle aux personnes se disant menacées dans les régions en crise. "La deuxième étape désormais consiste à demander leur statut de réfugiés", a précisé à l'AFP Elisabeth Gobry, vice-présidente de l'Association d'Entraide aux Minorités d'Orient.