M Pascal Gollnisch est le directeur général de l'Oeuvre d'Orient, une association dédiée aux chrétiens d'Orient. Il se trouve depuis vendredi 8 août à Erbil au Kurdistan irakien où affluent des milliers de chrétiens, chassés par l'avancée des djihadistes de l'Etat islamique.

Vous vous étiez déjà rendu à Erbil du 28 juillet au 1 août. La situation a-t-elle évolué?

Elle a totalement changé. Il y a une dizaine de jours affluaient uniquement les chrétiens de Mossoul qui n'avaient eu que quelques heures pour quitter leurs foyers. Mais beaucoup d'entre eux avaient pu être accueillis par les autres chrétiens du nord de l'Irak. Personne ne dormait dehors. Depuis, à l'exception de Duhok, les autres villes sont elles aussi tombées. Plusieurs dizaines de milliers de réfugiés dorment dehors à Ankawa, dans la banlieue d'Erbil. Ils n'ont pas encore de tentes alors que la température peut monter jusqu'à 50 degrés dans la journée. On voit des enfants, des nourrissons, des personnes âgées... J'en ai même vu mourir d'épuisement. C'est une population démunie de tout et qui vit dans l'angoisse.

Que réclament-ils prioritairement? De l'aide humanitaire? Des armes?

Ils réclament de pouvoir boire, manger, des médicaments et être à l'ombre. Non pas de prendre des armes mais de survivre. Ils sont traumatisés, l'Etat islamique est d'une cruauté rare, comme jamais vu depuis la Seconde guerre mondiale. Il ne s'agit pas de musulmans qui ont pris les armes mais de terroristes.

L'oeuvre d'Orient est-elle favorable à ce que ces chrétiens puissent obtenir l'asile politique en Occident?

Il faudra se poser la question de leur venue en France et dans d'autres pays européens. Mais c'est un peu prématuré. Dans un premier temps, il faut leur permettre de retrouver leurs esprits. La question est ensuite de sécuriser la zone. Si elle est sécurisée, ils n'auront pas à quitter la région. Mais des frappes symboliques [comme celles menées par les Etats-Unis actuellement NDLR] ne suffiront pas. Il faut chasser les terroristes de Mossoul. Sinon, ça ne servira à rien.