Scandale sur le tapis rouge. Le baiser de l'actrice Leila Hatami, au président du festival de Cannes Gilles Jacob, a été censuré dans son pays: l'image a été floutée par certains médias iraniens. L'attitude de l'actrice iranienne lors de la cérémonie d'ouverture mercredi a été jugée "inappropriée" par le vice-ministre de la Culture.

Leila Hatami est notamment connue pour son rôle dans le film Une séparation, récompensé par un Ours d'or au Festival de Berlin 2011 et un Oscar du meilleur film étranger l'année suivante.

La femme, symbole de la chasteté

"Qu'elle soit artiste ou non, la femme iranienne est le symbole de la chasteté et de l'innocence, donc une telle attitude inappropriée (ayant eu lieu) récemment au festival de Cannes n'est pas conforme à nos principes religieux" a expliqué dimanche le vice-ministre de la Culture, Hossein Noushabadi, cité par le site internet de la radio-télévision Irib.

"Celles qui participent à des évènements internationaux devraient prendre en compte la crédibilité et la chasteté des Iraniens, afin de ne pas montrer une mauvaise image des Iraniennes", a estimé Hossein Noushabadi.

Gilles Jacob a tenté lundi d'apaiser la polémique dans une curieuse tentative pour intellectualiser sa bise.



Selon la loi islamique, en vigueur dans le pays depuis la révolution de 1979, une femme ne peut pas avoir de contact physique avec un homme étranger à sa famille. Selon le site du guide suprême iranien (www.leader.ir), l'ayatollah Ali Khamenei, il est cependant permis à un musulman de serrer la main d'un non-musulman, en portant des gants et sans opérer de pression lors de la poignée de main.

Le voile islamique fait débat

Les conservateurs iraniens ont récemment réclamé la stricte application du port du voile islamique dans les lieux publics, après une campagne sur Facebook où plusieurs centaines d'Iraniennes sont apparues non voilées.

Pour vérifier que les femmes respectent scrupuleusement les règles vestimentaires dans la rue, la police a créé il y a plus d'une dizaine d'années une unité de "moralité" qui impose des amendes ou arrête les femmes qui sont jugées mal voilées.