HONGKONG
Le Parlement sans opposition
Monochrome, pro-Pékin : voilà à quoi ressemble le Conseil législatif hongkongais (LegCo) après la démission collective des 15 derniers députés prodémocratie, le 11 novembre. Une riposte à l'éviction de quatre des leurs en vertu d'une résolution du Parlement chinois permettant de révoquer tout élu considéré comme une menace à la sécurité nationale. Cette purge marque "la mort du principe 'un pays, deux systèmes'", pour le porte-parole de la coalition d'opposition, Wu Chi-wai. "Tout l'attirail d'un Etat policier se met en place", s'alarme le site Hong Kong Free Press, alors qu'une ligne téléphonique incitant à dénoncer les dissidents vient d'être ouverte.
HAUT-KARABAKH
Un cessez-le-feu déchirant pour l'Arménie
Les armes se sont tues, mais à quel prix ? Battue militairement, l'Arménie a renoncé à une partie de l'enclave du Haut-Karabakh, qu'elle occupait depuis 1994, au terme de l'accord conclu le 10 novembre avec l'Azerbaïdjan, sous le patronage de Moscou. "D'un coup de stylo, des milliers d'Arméniens ont perdu leur maison", résume Eurasianet. Un tel crève-coeur que certains y ont mis le feu avant de fuir. La trêve a un goût amer et a réveillé, selon le site, "les forces nationalistes largement marginalisées par l'ascension du Premier ministre" arménien, Nikol Pachinian, arrivé au pouvoir après la révolution de velours, en 2018.
MOZAMBIQUE
Des dizaines de villageois massacrés
Les témoignages sont effroyables dans la province du Cabo Delgado, dans le nord-est du pays, où les attaques terroristes se multiplient. L'ONU a réclamé, le 13 novembre, des "mesures urgentes", après la décapitation d'une cinquantaine de villageois. Dans cette région riche en gaz, les djihadistes affiliés au groupe Etat islamique sévissent depuis 2017 et ont contraint plus de 400 000 personnes à l'exil. Les communes se vident, comme Mueda, près de la frontière tanzanienne, où, "craignant le chaos, les banques ferment" et "des personnalités proches du gouvernement" ont fui, rapporte le site mozambicain Pinnacle News.
SUÈDE
La stratégie anti-Covid en échec
Avec plus de 4 500 cas quotidiens enregistrés en fin de semaine dernière, le pays qui a choisi d'affronter le Covid-19 sans masques est inquiet. "Ne jugez pas la Suède avant l'automne", prévenait l'épidémiologiste du gouvernement, en mai. Anders Tegnell assurait que le taux de mortalité élevé lors de la première vague serait suivi d'une immunité. Mais "les hospitalisations augmentent plus vite que dans tous les autres pays d'Europe", constate aujourd'hui le Financial Times. A tel point que les autorités ont annoncé, le 11 novembre, restreindre l'ouverture des bars et interdire la vente d'alcool le soir.
MOLDAVIE
Une pro-européenne à la tête du pays
Sa victoire est nette : avec plus de 57 % des voix, Maia Sandu devient la première femme présidente de l'ex-république soviétique. L'ancienne Première ministre de 48 ans doit notamment son élection à la mobilisation massive de la diaspora - près de 258 000 votants au second tour -, séduite par la promesse d'une Moldavie tournée vers l'Europe. Un nouveau tracas dans l'arrière-cour de Vladimir Poutine, qui avait appelé à voter pour le rival de Sandu, le président sortant prorusse, Igor Dodon, et lui aurait même offert des "conseillers", rappelle le Moscow Times.
ÉTATS-UNIS
La transition paralysée
Le passage de relais entre les deux administrations présidentielles n'a jamais si bien porté son surnom : "lame duck", en français "canard boiteux". S'accrochant au pouvoir, Donald Trump a ordonné à ses équipes de ne livrer aucune information à son successeur, qui devrait en théorie déjà avoir accès aux documents classifiés de renseignement ou de santé publique, dans un pays meurtri par le Covid-19. Une dérive "dangereuse", souligne le New York Times, d'autant que le président "attise la résistance et les troubles parmi ses partisans".
ASIE-PACIFIQUE
Un méga accord de libre-échange
C'est un partenariat commercial hors normes que viennent de signer 15 pays, après huit ans d'âpres négociations. La Chine, le Japon, la Corée du Sud, l'Australie, la Nouvelle-Zélande et les 10 nations de l'Asean (Asie du Sud-Est) ont entériné la création d'une zone de libre-échange. Elle couvrira le tiers de l'économie mondiale, et 2 milliards d'habitants. Pékin, promoteur de ce pacte, s'offre une arme économique colossale face aux Etats-Unis, qui s'étaient retirés en 2017 de l'accord de partenariat transpacifique. Washington est désormais exclu de deux accords "qui établiront des normes de commerce et d'investissement en Asie pendant une génération", analyse le site The Diplomat.
BRÉSIL
Municipales amères pour Bolsonaro
Pour ce premier test électoral, à mi-mandat, le président espérait faire élire ses poulains "antisystème" dans les mairies. Pari raté. A l'exception de Rio, où le maire, Marcelo Crivella, a péniblement passé le premier tour, le 15 novembre, avec 22 % des voix, la plupart des figures parrainées par Jair Bolsonaro ont été recalées au profit des partis traditionnels du centre et de la droite. Mais ce scrutin est aussi marqué par une poussée de jeunes candidats de gauche, qui se sont qualifiés à São Paulo, Porto Alegre et Recife pour le second tour, le 29 novembre. Signe que "la gauche a du souffle pour 2022", veut croire le quotidien brésilien O Globo.
