HONGRIE
Le triomphe d'Orban, un casse-tête pour Bruxelles
Sa victoire était attendue, mais son ampleur a stupéfié la Hongrie : Viktor Orban a remporté près de deux tiers des sièges au Parlement, le 3 avril, et rempile pour un quatrième mandat de Premier ministre. "Orban va rester un sujet pour l'Union européenne, avec encore davantage de disputes sur nos valeurs fondamentales et de résistance à une ligne dure contre Moscou", prévient Politico. Malgré sa condamnation de l'invasion russe et son suivi des sanctions européennes, le dirigeant, au pouvoir depuis 2010 et proche du Kremlin, refuse de fournir des armes à Kiev et s'oppose à tout embargo énergétique contre la Russie.
SERBIE
Vucic, un allié de Moscou réélu
Candidate à son entrée dans l'Union européenne, la Serbie a réélu le président sortant Aleksandar Vucic avec plus de 60% des voix. Un triomphe, dès le premier tour. "Avec ce résultat, le dirigeant conservateur et populiste consolide son pouvoir pour ce second mandat, estime le Financial Times. Le chef d'Etat est sous une forte pression internationale parce qu'il refuse de se joindre aux sanctions contre la Russie. Sa ligne ne risque pas de changer : une part importante de ses électeurs soutient la campagne de Poutine en Ukraine. Et en veut toujours à l'Occident pour le bombardement de Belgrade en 1999."

Des personnes se tiennent près d'une fosse commune dans la localité ukrainienne de Boutcha (nord-ouest de Kiev), le 3 avril 2022
© / afp.com/Sergei SUPINSKY
UKRAINE
Au nord de Kiev, les charniers de l'armée russe
Les troupes russes, repoussées par les forces ukrainiennes, se sont repliées des environs de la capitale Kiev. Dans les villages occupés pendant un mois, les journalistes et les ONG découvrent des centaines de cadavres. "Quand les forces militaires russes ont abandonné le village de Boutcha, elles ont laissé les rues jonchées des corps sans vie de civils", témoigne l'envoyé spécial du Wall Street Journal, qui décrit une ville ravagée par les combats, des personnes âgées brûlées vives dans leur garage et des dépouilles attaquées par les animaux sauvages. Malgré l'évidence de ces crimes de guerre, Moscou nie tout massacre dans la région.
ISRAËL
Une vague d'attentat fragilise le gouvernement
Trois attentats ont frappé l'Etat hébreu en l'espace d'une semaine, dont deux commis par des citoyens israéliens au nom de Daech (organisation Etat islamique). "Israël n'avait pas subi une telle vague terroriste depuis la seconde Intifada palestinienne il y a vingt ans", souligne le site d'informationAl-Monitor. La coalition de huit partis politiques au pouvoir se retrouve déstabilisée par ces attaques qu'elle n'a pas su empêcher. "Sa réponse initiale était hésitante, mais le gouvernement s'est repris en adoptant des mesures antiterroristes fortes tout en maintenant son cap d'ouverture avec les Palestiniens", ajoute Al-Monitor.
PAKISTAN
Un Premier ministre en difficulté
Pour sauver sa tête, Imran Khan a choisi de dissoudre l'Assemblée nationale, le 3 avril. Le Premier ministre, confronté à une crise économique et à des accusations de corruption, venait de perdre sa majorité parlementaire et risquait de se voir écarter du pouvoir par une motion de défiance. "En pulvérisant le processus parlementaire, ce dirigeant a plongé le Pakistan dans les sombres abysses d'une crise constitutionnelle", s'indigne le quotidien Dawn. Ces dernières semaines ont été marquées par une rupture entre l'armée et Khan qui, à l'inverse de ses généraux, refuse de condamner l'invasion de l'Ukraine.
CHINE
Covid-19 : Shanghai coupée du monde
Dans la poursuite de sa stratégie "zéro Covid", la Chine a décrété le confinement total de Shanghai et ses 25 millions d'habitants, le 31 mars. Malgré des règles sanitaires extrêmement strictes, le pays affronte une vague de contaminations sans précédent en raison d'Omicron, avec 13 000 cas détectés chaque jour. "Le système hospitalier de Shanghai étant sur le point d'être débordé, des équipes médicales et du matériel arrivent de tout le pays pour vaincre l'épidémie", reconnaît le journal officiel en anglais Global Times. Un nouveau variant aurait été détecté dans la province voisine de Jiangsu.

Contrôle des accès au tunnel conduisant au quartier de Pudong en confinement, le 28 mars 2022 à Shanghai
© / afp.com/Hector RETAMAL
COSTA RICA
Chaves, président surprise et antisystème
Réputée pour sa stabilité, la "Suisse de l'Amérique centrale" a opté pour un changement radical en élisant, le 3 avril, le candidat "antisystème" Rodrigo Chaves. Pendant 27 ans, cet économiste a fait carrière au sein de la Banque mondiale qu'il a quittée en 2019 après des accusations de harcèlement sexuel. "Candidat pour la première fois et à la tête d'un nouveau parti, M. Chaves doit relever le défi de constituer une équipe de près de 1000 professionnels occupant des postes clefs dans son administration", écrit le quotidien local La Nacion. Le nouveau président devra cohabiter avec un parlement où seulement 10 députés sur 57 sont acquis à sa cause.
