Argentine: le retour du péronisme

"Alberto, président", titre tout simplement Clarin (le 28 octobre), premier quotidien de Buenos Aires, après la large victoire d'Alberto Fernandez, 60 ans, dès le premier tour, dimanche 27 octobre, devant le président sortant, Mauricio Macri, avec environ 48 % des suffrages, contre 40 %. L'arrivée du candidat péroniste à la Casa Rosada - il fut le chef de cabinet de feu le président Nestor Kirchner dans les années 2000 - signifie le retour, aussi, de l'ex-présidente Cristina Kirchner (2007-2015), colistière de Fernandez. Poursuivie par la justice, cette dernière, déjà protégée par son immunité de sénatrice, peut savourer son come-back. Pour le candidat de droite Mauricio Macri, en revanche, il s'agit de la chronique d'une défaite annoncée : sa popularité avait brutalement chuté l'année dernière. Le sortant sauve toutefois les meubles, estime Clarin: il a "remonté la pente dans la dernière ligne droite, obtenant 2,5 millions de votes de plus que prévu". A la tête de ce pays de 44 millions d'habitants, Fernandez hérite de la crise économique laissée par son prédécesseur, mais aussi de celle laissée par sa colistière quatre ans auparavant. A. G.

Vers une coalition inédite en Thuringe

Björn Höcke, chef de file de Der Flügel (voir L'Express n°3564), le plus radical des courants du parti Alternative pour l'Allemagne (AfD), peut se réjouir. Il a doublé le score (23,4 %) de la formation d'extrême droite en Thuringe, où il est implanté. Celle-ci confirme sa forte progression dans l'est de l'Allemagne, après ses succès en Saxe et en Brandebourg en septembre. "Ça se complique", titre le quotidien Thüringer Allgemeine (le 28 octobre). Et pour cause : le parti conservateur (CDU) se retrouve contraint d'envisager un "front républicain" avec les ex-communistes de Die Linke, arrivés en tête (31 %) dans la région. Une alliance inenvisageable jusqu'alors pour la droite. "La CDU de Thuringe est prête à assumer ses responsabilités", a cependant déclaré son chef de file, Mike Mohring. Des discussions pourraient s'ouvrir avec le chef du gouvernement sortant, Bodo Ramelow, réputé pragmatique malgré son étiquette "gauche radicale". C. D.

L'Espagne exhume Franco

El Pais (le 24 octobre) rapporte que près de 500 journalistes, issus de 17 pays, ont été accrédités pour couvrir l'exhumation du dictateur Francisco Franco, qui a dirigé l'Espagne d'une main de fer de 1939 jusqu'à sa mort, en 1975. Arrivée en hélicoptère au cimetière de Mingorrubio, près de Madrid, sa dépouille, embaumée, a été réinhumée aux côtés de son épouse dans ce lieu plus discret où repose aussi le dictateur dominicain Rafael Trujillo, assassiné en 1961. Près de 200 nostalgiques du régime fasciste l'y attendaient. En 2018, le Premier ministre socialiste, Pedro Sanchez, avait fait du transfert de la dépouille du Caudillo une priorité, afin que son mausolée monumental ne puisse plus être un "lieu d'apologie" du franquisme. R. Ro.