Aux côtés de sa femme, la reine d'Angleterre Elizabeth II, il avait vu défiler plusieurs générations de chefs d'Etat : Churchill, Margaret Thatcher jusqu'aux plus contemporains. Le grand blond dont le coeur battait pour la Royal Navy a passé plus de 73 ans dans les couloirs feutrés de Buckingham. Dans l'ombre de sa femme, il était celui qui la faisait rire, un exercice primordial dans le monde corseté de la royauté. Ce vendredi, le Duc d'Édimbourg est mort à l'âge de 99 ans. Il aurait dû fêter son centième anniversaire en juin. Avec le décès du Prince Philip, la couronne britannique - déjà fragilisée par de nombreux scandales - perd l'un de ses piliers.
"C'est avec un profond chagrin que sa majesté la reine annonce la mort de son époux bien aimé le prince Philip, duc d'Edimbourg", selon un communiqué du Buckingham, précisant que le prince Philip est mort "paisiblement ce vendredi matin au château de Windsor". Les drapeaux britanniques ont été mis en berne au palais de la reine. Une note annonçant le décès du duc d'Edimbourg a été affichée sur les grilles du palais, selon les images diffusées par les télévisions britanniques. "La famille royale se joint aux gens à travers le monde dans la peine de sa disparition", poursuit le communiqué.
Les réactions n'ont pas tardé à se multiplier. Le Premier ministre britannique Boris Johnson a salué "la vie et le travail extraordinaires" du prince Philip et présenté ses condoléances à la reine Elizabeth II et la famille royale. "Nous sommes en deuil, avec Sa Majesté la reine, nous lui présentons nos condoléances, à sa famille" et "la nation et le royaume offrent leurs remerciements pour la vie et le travail extraordinaires du prince Philip, duc d'Edimbourg", a déclaré le chef du gouvernement devant Downing Street. De l'autre côté de l'Atlantique, le prince Philip "représentait le Royaume-Uni avec dignité", salue George W. Bush
Un record de longévité aux côtés d'un monarque
La nouvelle était redoutée depuis un certain temps. À plusieurs reprises, la santé de cet homme au caractère d'acier semblait fragile. Il avait déjà subi plusieurs hospitalisations depuis 2017, la dernière en date remontant à décembre 2019 pour "des problèmes de santé préexistants", mais jamais aussi longuement. Mi-février, le prince Philip avait été admis à l'hôpital privé de Londres après une intervention cardiaque dans un autre établissement où il était retourné début mars. A l'époque, la monarchie britannique est en pleine tempête, confrontée à la crise suscitée par la diffusion le 7 mars de l'interview-confession accordée par le prince Harry, petit-fils de la reine, et sa femme Meghan Markle à la télévision américaine.
Né à Corfou, le 10 juin 1921 avec les titres de prince de Grèce et du Danemark, il a battu en 2009 le record de longévité des conjoints de monarques britanniques détenu par Charlotte, épouse de George III. Envoyé en Ecosse pour suivre sa scolarité, il fait ses classes à partir de 1939 dans l'armée britannique, au Royal Naval College de Dartmouth (sud de l'Angleterre). Il rencontre à cette époque pour la première fois la princesse Elizabeth. Leur union est célébrée le 20 novembre 1947. Ils ont eu quatre enfants (Charles, Anne, Andrew et Edward). Le duc d'Edimbourg a pris sa retraite en août 2017, après avoir participé à plus de 22 000 engagements publics officiels depuis l'accession de son épouse au trône en 1952.
Le prince Philip et Elizabeth II ont célébré en novembre 2017 leurs noces de platine au château de Windsor. Les cloches de l'abbaye de Westminster, où ils s'étaient mariés le 20 novembre 1947, ont sonné pendant plus de trois heures à cette occasion pour leur rendre hommage. Par amour pour elle, Philip renonce à ses titres royaux grec et danois et accepte de se convertir de la religion orthodoxe grecque à l'anglicanisme. Le duc d'Edimbourg sera son unique amour, celui qu'elle voudra épouser malgré les réticences de ses parents. "C'est mon roc. Il a tout simplement été ma force et mon soutien", avait-elle déclaré en 2011.
