Le chef de la diplomatie française Bernard Kouchner a réitéré ce lundi son soutien à un dialogue entre les autorités afghanes et des talibans modérés, alors que le conflit en Afghanistan est de plus en plus meurtrier pour les forces de l'Otan qui y sont déployées.

"Bien entendu qu'il faut négocier avec les talibans. En tout cas, avec ceux qui sont prêts à déposer les armes et à dialoguer. Mais ce n'est pas à nous de le faire, c'est un sujet qui relève de la responsabilité des autorités afghanes élues", a déclaré Bernard Kouchner dans un entretien au quotidien Le Figaro.

"Pour le moment, la seule tentative de négociations, appuyée par le président (afghan Hamid) Karzaï, a eu lieu en Arabie saoudite", rappelle Bernard Kouchner, mais elle n'a pas abouti.

"Certains ont tenté localement de prendre contact avec les talibans pour diverses raisons, militaires, d'organisation locale. Il faut surtout une attitude coordonnée des alliés et il faut que les conditions soient réunies. C'est une opération des Nations unies, il ne faut pas l'oublier. Rien ne serait pire que de négocier chacun de son côté", a-t-il poursuivi.

"Courage" et "professionnalisme" des soldats français

Selon le ministre français, "il y a deux sortes de talibans". "Il y a ceux qui pourraient être intégrés dans un gouvernement légal, et le président Karzaï s'est déjà dit prêt à les accueillir à Kaboul dès qu'ils voudront négocier", dit-il. "Et puis il y a les partisans du jihad global. Ceux-là se refusent à négocier", ajoute-t-il.

Un soldat français a été tué et deux autres blessés samedi en Afghanistan, alors que les forces de l'Otan y font face à un accroissement de la violence, à l'approche de l'élection présidentielle du 20 août.

Nous n'allons pas imposer la paix, mais nous pouvons créer les conditions pour y parvenir. Pour cela, il nous faut être en phase avec la population", a estimé Bernard Kouchner, saluant le "courage et le "professionnalisme" des soldats français.

"La paix, nous voulons la construire avec les Afghans, je dirais même sous la direction des Afghans", a-t-il déclaré.