La grande messe sur le climat touche à sa fin à Glasgow, ce vendredi. Ce sommet de la COP26 était présenté comme celui de la "dernière chance" pour tenter d'endiguer le réchauffement inéluctable de la planète. Plus de cent chefs d'Etat ont tenté d'y apporter des solutions, pendant une dizaine de jours. Au total, 140 gouvernements ont d'ores et déjà annoncé des objectifs de neutralité carbone en 2050, couvrant 90 % des émissions. Mais les promesses suffiront-elles ? Ces nouveaux engagements ne sont toujours pas alignés sur la trajectoire des 1,5°C de réchauffement convenue par l'Accord de Paris.

Du côté de la France, en début de semaine, Emmanuel Macron a annoncé plusieurs décisions, notamment la relance d'un programme nucléaire et la construction de nouveaux réacteurs sur son sol. "Nous allons, pour la première fois depuis des décennies, relancer la construction de réacteurs nucléaires dans notre pays et continuer de développer les énergies renouvelables", a-t-il déclaré lors de son allocution télévisée, mardi soir, à l'origine dédiée au Covid-19.

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Le projet a pour but de "garantir l'indépendance énergétique de la France, pour garantir l'approvisionnement électrique de notre pays et atteindre nos objectifs, en particulier la neutralité carbone en 2050", a fait valoir le président de la République. L'occasion de faire le point sur le poids de la France dans la pollution mondiale. L'Hexagone ne fait pas partie des plus gros pollueurs du monde en matière d'émissions de CO2, mais il n'est pas non plus parmi les meilleurs élèves.

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Selon les données de la Banque mondiale, dont les plus récentes datent de 2018, la France a rejeté cette année-là 4,6 tonnes de CO2 par habitant, c'est moins que l'Allemagne (8,6 tonnes par habitant) mais beaucoup plus que l'Inde ou le Brésil qui ne dépassent pas les 2 tonnes de CO2 rejetées par habitant. Des pays, il faut le dire, à la démographie bien différente. La Chine, quant à elle, se situe à 7,4 tonnes de CO2 par habitant.

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Sur la question du charbon, la France, qui a de longue date misé sur le nucléaire, s'en tire plutôt bien. Ses émissions de CO2 liées à l'utilisation de charbon demeure près de 40 fois moins élevés que celles des Etats-Unis. Et plus de 200 fois moins que la Chine, de loin le plus gros pollueur du monde à partir de ce seul critère.

Energies renouvelables, plastique...

Peut mieux faire. En matière d'énergies renouvelables, la France est encore à la traîne sur le continent européen. En 2020, 17,2 % de sa production d'énergie était verte. A peu près autant que l'Italie (18,1 %) ou l'Allemagne (17,3 %). Le Portugal (30,6 %) ou encore l'Autriche (33,6 %) sont en avance. Les champions incontestés se situent encore plus au nord. Les pays scandinaves, la Norvège en tête (à 74,6 %), utilisent plus de renouvelables. Pour le dernier cité, l'énergie hydraulique produit par exemple 95 % de l'électricité norvégienne.

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Le plastique, on le sait, contribue notamment à la pollution des océans. Sa production demande, par ailleurs, une certaine quantité d'énergies fossiles, en premier lieu du pétrole. La France se tient au pied du podium des plus gros exportateurs mondial, avec plus de 91 667 tonnes expédiées en 2019. Un classement inquiétant, même s'il persiste un grand écart avec les trois premiers, le Japon, l'Allemagne et les Etats-Unis.

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