Un convoi sous très haute surveillance. Ce lundi, un céréalier ukrainien a pu s'extraire d'Odessa, une première depuis la signature d'un accord international visant à maintenir les exportations agricoles. Il s'agit d'un "soulagement pour le monde" s'est félicité le ministre ukrainien des Affaires étrangères Dmytro Kouleba. La guerre continue ailleurs, du Donbass, territoire à l'est du pays, où les civils ont été priés d'évacuer par le président ukrainien Volodymyr Zelensky.

Un premier convoi de céréales en route vers Istanbul

Selon le ministre ukrainien de l'Infrastructure Oleksandre Koubrakov, un bateau céréalier a quitté le port d'Odessa ce lundi matin, chargé de 26 000 tonnes de maïs. "Le navire Razoni a quitté le port d'Odessa à destination du port de Tripoli au Liban. Il est attendu le 2 août à Istanbul. Il continuera sa route vers sa destination à la suite des inspections qui seront menées à Istanbul", a ajouté le ministère turc de la Défense. Ce départ a également été salué "chaleureusement" par le secrétaire général des Nations Unies.

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D'autres convois devraient suivre ce premier départ en respectant "le couloir (maritime) et les formalités convenues", d'après le ministère turc. Signé le 22 juillet à Istanbul entre des représentants de Russie, Ukraine, Turquie et des Nations unies, un accord prévoit l'exportation des céréales ukrainiennes et du fertilisant agricole russe, moyennant plusieurs contrôles à Istanbul, pour éviter l'importation d'armes. La communauté internationale espère que les parties tiendront leur engagement. Ces exportations russes et ukrainiennes pourraient en partie soulager la crise alimentaire mondiale.

Mykolaïv sous les bombes russes

La ville de Mykolaïv, dans le sud de l'Ukraine, a été la cible de bombardements russes massifs, probablement "les plus forts" depuis le début de la guerre en février, qui ont fait deux morts, ont annoncé les autorités ce dimanche.

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Un entrepreneur céréalier, classé 24e Ukrainien le plus riche en 2021 par le magazine Forbes et dont l'entreprise exportait dans 70 pays, a été tué avec son épouse dans le bombardement de son domicile. Oleksiï Vadatoursky, 74 ans, était à la tête de la principale société ukrainienne de logistique céréalière Niboulon. "Un meurtre délibéré", selon la présidence ukrainienne, qui a fait de l'homme un héros national.

La Russie réaffecte une partie de ses troupes vers le sud

A l'image de ces bombardements, et selon le renseignement britannique, la Russie réaffecterait une partie de ses forces au sud de l'Ukraine. "Comme l'ont affirmé les autorités ukrainiennes la semaine dernière, la Russie semble réaffecter un nombre significatif de ses forces engagées dans le Donbass vers le sud du pays", a ainsi affirmé l'Intelligence, avançant également que la Russie allait intensifier ses tirs sur le front de Zaporijjia, région en partie occupée par la Russie, où sont menées arrestations et ventes de blé.

Si les bombardements s'intensifient un peu partout sur le territoire ukrainien, la cible principale reste toutefois les territoires à forte présence indépendantiste de l'est de l'Ukraine, où les civils restant sont menacés par les bombardements. Ce samedi, le président ukrainien a appelé à l'évacuation de Donetsk, où 200 000 civils étaient encore présents.

La Russie veut finir les premières reconstructions à Marioupol en septembre

Les premiers bâtiments en reconstruction à Marioupol, ville portuaire du sud-est de l'Ukraine dévastée par des semaines de bombardements, seront inaugurés en septembre, a annoncé ce lundi la Russie, qui occupe désormais cette localité. "Les premiers immeubles seront prêts en septembre. Les premiers hôpitaux seront prêts", a déclaré le vice-Premier ministre russe Marat Khousnoulline dans une interview à la chaîne de télévision russe RBK TV. Vendredi, ce dernier avait présenté au président Vladimir Poutine un plan pour reconstruire Marioupol en trois ans, un objectif qui semble ambitieux, compte tenu de l'ampleur des destructions.

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Le port stratégique de Marioupol a été conquis en mai par les forces russes après des semaines de siège qui ont dévasté une grande partie de la ville. Immeubles d'habitation, écoles, commerces, rues : rien n'a été épargné. Avant l'offensive militaire russe, la ville, bâtie au bord de la mer d'Azov, comptait plus de 400 000 habitants. Mais elle s'est en grande partie dépeuplée, nombre de résidents ayant fui les combats.

La population devrait s'élever à 350 000 habitants d'ici 2025, a estimé M. Khousnoulline, sans préciser si les autorités russes prévoyaient de mettre en place une politique de repeuplement. Le vice-Premier ministre russe a par ailleurs indiqué que les forces d'occupation russes prévoyaient de réaménager en "technopôle" la zone industrielle dévastée de l'aciérie Azovstal, où s'étaient retranchés les derniers défenseurs ukrainiens.