Alors que les ministres des Finances des pays du G20, réunis en Indonésie, ne se sont pas entendus sur l'adoption d'un texte commun en raison de divergences sur la guerre en Ukraine, les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne comptent bien, lundi 18 juillet, mettre en place de nouvelles sanctions contre Moscou. Tout en progressant dans le Donbass, la Russie cherche, elle, à régénérer son matériel militaire. Dans cet objectif, des responsables russes se sont rendus deux fois en Iran ces deux derniers mois.
L'Union européenne veut durcir ses sanctions contre la Russie
Les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne vont débattre, lundi, d'un durcissement des sanctions contre la Russie, au moment où Moscou est accusé d'avoir déployé des lanceurs pour tirer des missiles depuis la centrale nucléaire de Zaporijia, dans le sud de l'Ukraine. Ils vont notamment se pencher sur la proposition de la Commission européenne d'interdire les achats d'or à la Russie afin d'aligner la position de l'Union européenne sur celle des pays du G7. De nouvelles personnalités russes devraient également se retrouver sur liste noire et être la cible de sanctions. "Moscou doit continuer à payer le prix fort pour son agression", a affirmé la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, après avoir transmis les nouvelles mesures aux Vingt-Sept.
Une délégation russe s'est rendue deux fois en Iran au sujet des drones
Selon la Maison-Blanche, l'armée iranienne a présenté ses drones à une délégation russe lors de deux entrevues en Iran, les 8 juin et 5 juillet derniers. Les rencontres se sont tenues sur la base aérienne de Kachan, à 200 kilomètres de la capitale, Téhéran. "Nous publions ces images prises en juin montrant les drones iraniens que la délégation russe a passés en revue ce jour-là. Cela suggère un intérêt soutenu des Russes pour acquérir des drones de combat iraniens", a souligné le conseiller à la sécurité nationale, Jack Sullivan. "De ce que nous savons, c'est la première fois qu'une délégation russe visite cette base aérienne pour une telle présentation", a-t-il ajouté. Pour faire face à la résistance ukrainienne, la Russie cherche, depuis plusieurs semaines, à muscler son arsenal militaire.
Pas de communiqué commun après la réunion du G20 en Indonésie
Une réunion des ministres des Finances et gouverneurs de banques centrales du G20 en Indonésie s'est achevée samedi sans communiqué conjoint, faute de consensus entre les pays membres en raison de désaccords portant sur l'offensive russe en Ukraine. Pendant les deux jours de réunion, sur l'île de Bali, les grands argentiers ont cherché des réponses aux crises alimentaire et énergétique mondiales. Mais une nouvelle confrontation entre les Occidentaux, qui dénoncent l'impact de la guerre en Ukraine sur l'économie, et la Russie, qui accuse les sanctions occidentales d'être à l'origine de la détérioration de la conjoncture, a rendu tout accord impossible.
La secrétaire américaine au Trésor, Janet Yellen, avait accusé, vendredi, la Russie d'avoir "envoyé une onde de choc affectant l'économie mondiale", et plusieurs ministres occidentaux ont dénoncé la complicité des responsables économiques russes dans les atrocités commises en Ukraine. A la place d'un communiqué conjoint, l'Indonésie, qui organise le G20 cette année, a proposé une déclaration au nom de la présidence. "Nous allons publier un résumé de la présidence qui décrira ce que nous avons pu obtenir de ce G20", a expliqué la ministre indonésienne des Finances au cours d'une conférence de presse de clôture.
L'Indonésie, qui mène une politique étrangère non alignée, n'avait pas cédé aux pressions occidentales pour écarter la Russie des réunions du G20. Le ministre des Finances russe, Anton Silouanov, a participé virtuellement tandis que deux responsables russes étaient présents sur place. Son homologue ukrainien, Sergii Marchenko, s'est aussi exprimé par visioconférence.
La Russie affirme progresser dans le Donbass
L'Ukraine et ses alliés occidentaux restent, par ailleurs, sous le choc des frappes de missiles de croisière qui ont dévasté jeudi le centre de Vinnytsia, à des centaines de kilomètres à l'ouest du front. Le bilan de cette attaque a été relevé samedi à 24 morts. "Malheureusement, une femme est morte à l'hôpital aujourd'hui, elle était brûlée à 85%", a annoncé le gouverneur de la région de Vinnytsia, précisant que 68 personnes continuaient de recevoir des soins, dont quatre enfants.
Dans le Donbass, les forces séparatistes et l'armée russe ont affirmé continuer à progresser et être en train de prendre le contrôle complet de la ville de Siversk, attaquée après la prise de Lyssytchansk, qui ouvre la voie vers Kramatorsk. Le ministère russe de la Défense a indiqué que Sergueï Choïgou, le ministre, s'était rendu auprès des soldats impliqués dans l'offensive en Ukraine, sans préciser la date de cette visite. Il s'agit de la deuxième recensée, après celle de juin.
