Pour la deuxième fois, des tirs ont eu lieu sur le site de la plus grande centrale nucléaire d'Europe, à Zaporijia. Et pour la deuxième fois, les craintes d'un incident nucléaires ont refait surface, en Ukraine, pays gravement touché par la catastrophe de Tchernobyl. En ce 163e jour de guerre, un rapport d'Amnesty international dénonçant certains choix stratégiques de l'armée ukrainienne continue également de faire polémique. Par ailleurs, plusieurs cargos céréaliers doivent quitter la mer Noire, grâce à l'accord sur le blé signé le 22 juillet dernier.

Cinq nouveaux cargos céréaliers au départ d'Ukraine

Cinq cargos chargés de céréales doivent prendre la mer ce dimanche, au départ des ports ukrainiens de Tchornomorsk et Odessa afin de poursuivre l'exportation des céréales, a annoncé le Centre de coordination conjointe (CCC) qui supervise ces opérations permises par la signature le 22 juillet dernier d'un accord impliquant également la Russie, la Turquie et les Nations Unies.

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Au total, ces bateaux transporteront plus de 161 000 tonnes de maïs et de produits alimentaires vers la Turquie, la Chine et l'Italie, selon le CCC qui suivra leur progression jusqu'à Istanbul, où ils seront inspectés au large avant d'emprunter le Bosphore. Avec ces nouveaux départs, les exportations de céréales ukrainiennes trouvent progressivement un rythme régulier. De quoi soulager les importateurs de céréales, alors que les prix des denrées alimentaires ont explosé depuis le début de la guerre en Ukraine.

L'AIEA de plus en plus inquiète pour la centrale nucléaire de Zaporijia

L'Agence internationale pour l'énergie atomique (AIEA) a jugé, samedi, "de plus en plus alarmante" la situation sur le site nucléaire de Zaporijia, la plus grande centrale d'Europe, au lendemain de frappes à proximité. Dans un communiqué, l'organisme estime qu'il y a un "risque réel de catastrophe nucléaire, pouvant menacer la santé et l'environnement en Ukraine et au-delà".

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Samedi, la compagnie ukrainienne de l'énergie atomique Energoatom a indiqué que les bombardements du jour avaient "gravement endommagé" une station renfermant de l'azote et de l'oxygène et un "bâtiment auxiliaire". "Il existe toujours des risques de fuite d'hydrogène et de substances radioactives, et le risque d'incendie est également élevé", a-t-elle dit, alors que Russes et Ukrainien s'accusent mutuellement d'avoir procédé à ces tirs à très haut risque.

En mars, au moment de la prise de la centrale, les troupes russes avaient ouvert le feu sur un bâtiment annexe, ravivant la crainte d'un nouvel incident nucléaire dans le pays, frappé par la catastrophe de Tchernobyl. Ces nouveaux tirs, qui ont entraîné la mise à l'arrêt d'un des six réacteurs de la centrale, ont vivement fait réagir les Occidentaux. L'Union européenne a notamment condamné "la violation irresponsable" des règles de sécurité nucléaire par la Russie, accusée de déployer des missiles depuis le site nucléaire.

La responsable d'Amnesty en Ukraine démissionne

La responsable d'Amnesty International en Ukraine, Oksana Pokaltchouk, a annoncé dans la nuit de vendredi à samedi sa démission à la suite du rapport de l'ONG reprochant aux forces armées ukrainiennes de mettre en danger des civils, qui a provoqué la colère de Kiev. Le même jour Amnesty avait affirmé assumer pleinement ce document, qui démontre que les militaires ukrainiens occupent parfois des infrastructures civiles, comme des écoles et des hôpitaux.

Un cadre de l'occupation russe meurt après un attentat

Un fonctionnaire de l'administration d'occupation russe dans la région méridionale ukrainienne de Kherson a succombé à ses blessures après un attentat, ont annoncé, samedi, les autorités locales nommées par Moscou. Selon l'agence d'état TASS, Vitali Goura, chef adjoint de l'administration de Nova Kachovka, en charge des services communaux, souffrait de multiples blessures par balle.

Ces derniers mois, plusieurs fonctionnaires nommés par les Russes dans les territoires ukrainiens qu'ils ont conquis ont été la cible d'attentats. Depuis qu'une grande partie de la région de Kherson et qu'une partie de celle de Zaporijjia ont été prises, le Kremlin y mène une politique de russification en vue d'une possible annexion. Moscou y a introduit le rouble et encourage leurs habitants à recevoir des passeports russes.