L'objectif est si élevé et l'urgence si absolue qu'il paraît judicieux de commencer tout de suite. Ce mercredi 26 octobre, la Commission européenne a présenté un plan visant à réduire drastiquement la pollution émise par les Etats membres, afin d'atteindre "des niveaux qui ne soient plus nocifs pour la santé humaine et les écosystèmes naturels", selon la formule qu'avait prononcée la Commission en mai 2021.
Désormais, la feuille de route est tracée. D'ici 2030, de grands efforts doivent être menés, afin que l'objectif soit totalement rempli en 2050. Ainsi, dans huit ans, le nombre de décès prématurés liés à la pollution atmosphérique devra diminuer de 75%. Pour y parvenir, l'Union européenne envisage de largement diminuer la limite annuelle de libération dans l'atmosphère des particules de 2,5 microns, un polluant dangereux qui pénètre facilement dans les poumons. Elle s'alignera sur les recommandations de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et garantira "aux personnes dont la santé est affectée d'être indemnisées", si les Etats venaient à ne pas respecter la nouvelle mesure. Chaque Etat membre est libre d'adopter des mesures propres pour parvenir à l'objectif commun, mais Bruxelles entend mettre en place des comités de surveillance, qui auront aussi le pouvoir de sanctionner.
Ajouter 24 nouvelles substances à la liste des polluants de l'eau
Autre mise en oeuvre, "un traitement plus efficace et plus rentable des eaux urbaines résiduaires", notamment en imposant la récupération des substances chimiques polluantes et en imposant aux communes de moins de 2 000 habitants de traiter leurs eaux usées (l'obligation ne concerne à ce jour que les communes de plus de 2 000 habitants). L'exécutif européen veut mettre en place un "nouveau système de responsabilité", notamment en obligeant les producteurs des domaines pharmaceutique et cosmétique - dont les produits représentent 92% des micropolluants toxiques retrouvés dans les eaux usées - à participer au travail de sauvegarde de l'environnement, selon le principe du "pollueur-payeur".
Enfin, l'Union européenne souhaite ajouter à la liste des polluants de l'eau 24 substances, dont le bisphénol A, les PFAS (des polluants présents dans les vêtements et meubles), ainsi que des antibiotiques et des pesticides, dont le célèbre glyphosate. Toutes ces propositions seront négociées entre les Etats membres et le Parlement européen.
