Un mauvais coup pour David Cameron. La Suède et les Pays-bas sont prêts à soutenir la candidature de Jean-Claude Juncker à la présidence de la Commission européenne ont annoncé ces deux pays, ce mercredi.
Le Conseil européen prévu jeudi et vendredi à Bruxelles doit aboutir à la présentation par les dirigeants de l'UE d'un candidat à la présidence de la Commission.
Pouquoi la candidature de Jean-Claude Juncker s'impose?
La victoire du Parti populaire européen aux élections européennes a ouvert la voie à Jean-Claude Juncker: le traité de Lisbonne prévoit en effet que le prochain président de la Commission soit choisi en tenant compte du résultat du scrutin européen et donc de la victoire du PPE afin de désigner le successeur de José Manuel Barroso, dont le mandat expire le 31 octobre.
Pourquoi Cameron y est-il hostile?
David Cameron mène une campagne farouche contre Jean-Claude Juncker depuis le printemps. Il reproche, entre autres, à l'ancien Premier ministre du Luxembourg d'être trop fédéraliste et trop peu enclin à mettre en oeuvre les réformes de l'UE exigées par Londres, où l'euroscepticisme a le vent en poupe.
David Cameron a menacé mardi de demander un vote si ses partenaires "cherchent à procéder à la nomination de Jean-Claude Juncker". Il espérait former une minorité de blocage.
Comment est choisi le président de la commission?
En vertu du traité de Lisbonne, Le droit de veto pour le choix du président de la Commission a disparu, même si jusqu'à présent les dirigeants européens ont préféré agir par consensus. La chancelière Angela Merkel, qui a officiellement soutenu Juncker, a pris Cameron au mot ce mercredi.
Il y aura donc un vote, car les partenaires du Royaume-Uni n'entendent pas modifier les règles pour satisfaire David Cameron. Ni retarder le calendrier afin d'éviter un conflit avec le Parlement européen.
Sur qui comptait Cameron?
Le Premier ministre britannique sera donc battu vendredi alors que ses alliés l'ont lâché les uns après les autres. Les Premiers ministres suédois Fredrik Reinfeldt et Mark Rutte avaient semblé proche des positions de David Cameron. Londres espère encore pouvoir compter avec la Finlande et la Hongrie, voire la Pologne et l'Estonie.
Mais la publication de propos attribués au chef de la diplomatie polonaise par l'hebdomadaire Wprost sont un revers de plus. Dans cette conversation privée révélée par des écoutes, Radoslaw Sikorski juge que Cameron a une nouvelle fois "merdé" sur l'Europe, "par erreur de calcul" ou "incompétence".
