Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a dit envisager "le début de la fin de la guerre" après la reprise de Kherson, une ville d'importance majeure dans le Sud de l'Ukraine où il a effectué lundi 14 novembre une visite surprise, trois jours après l'entrée des forces ukrainiennes. Au même moment, à l'issue d'un entretien en Indonésie avec son homologue américain Joe Biden à la veille d'un sommet du G20 boudé par Vladimir Poutine, le président chinois Xi Jinping, crédité jusqu'à présent d'un soutien tacite à la Russie, s'est dit "très préoccupé" par le conflit en Ukraine.
Pour Volodymyr Zelensky, la prise de Kherson marque "le début de la fin de la guerre". La reprise des territoires occupés par la Russie est "un chemin long et difficile", "le prix" à payer étant "élevé".
Zelensky en déplacement à Kherson
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a visité ce lundi Kherson, se promenant en tenue de style militaire dans les rues de la ville, entouré de gardes du corps lourdement armés, sans toutefois porter lui-même de casque ni de gilet pare-balles, selon des vidéos publiées sur les réseaux sociaux. "Gloire à l'Ukraine!", lui ont crié des habitants depuis le balcon d'un immeuble. "Gloire aux héros !", ont répondu conformément à la tradition le chef de l'Etat et ceux qui l'accompagnaient.
Les nouvelles sanctions américaines contre la Russie
Les Etats-Unis ont annoncé ce lundi une nouvelle salve de sanctions visant à perturber les chaînes d'approvisionnement de l'appareil militaire russe et des réseaux financiers liés au Kremlin dont des entités en France et en Suisse.
Les sanctions visent notamment la société russe d'électronique Milandr et des sociétés-écrans en Arménie, à Taïwan et en Suisse liées à l'entreprise russe, indiquent des communiqués du département du Trésor américain et du département d'Etat. "En réponse à la guerre non provoquée de Moscou contre l'Ukraine, les Etats-Unis continueront de perturber les chaînes d'approvisionnement de l'armée russe et à imposer des coûts sévères à ceux qui viennent en aide au président Vladimir Poutine, ainsi que tous ceux qui soutiennent la brutalité russe vis-à-vis de son voisin", affirme le secrétaire d'Etat Antony Blinken cité dans le communiqué.
Les Russes toujours présents sur la rive gauche du Dniepr
Dans la nuit de dimanche à lundi, le commandement sud de l'armée ukrainienne a affirmé que les forces russes continuaient à "mettre en place une défense sur la rive gauche du Dniepr" et "des lignes de défense supplémentaires à plusieurs niveaux pour tenir les frontières occupées". Moscou "continue d'infliger des dommages par le feu à nos troupes et aux localités libérées le long de la rive droite du Dniepr en utilisant aviation, artillerie lourde, MLRS (lance-roquettes, ndlr) et mortiers", a-t-il ajouté.
Au G20, la guerre en Ukraine, une priorité pour les Etats-Unis
Officiellement, l'invasion de l'Ukraine ne figure pas à l'agenda du club des 20 grandes économies dont les dirigeants se retrouvent mardi et mercredi sur l'île indonésienne de Bali. Mais la secrétaire américaine au Trésor Janet Yellen a estimé lundi que mettre fin à la guerre en Ukraine était "tout simplement la meilleure chose à faire pour l'économie mondiale". L'invasion lancée il y a neuf mois par le président russe Vladimir Poutine a de profondes répercussions économiques, avec l'envolée des prix de l'énergie et des produits alimentaires.
Le Kremlin a quant à lui appelé le G20 à se concentrer sur les questions économiques et financières plutôt que politiques et sécuritaires. Vladimir Poutine a par ailleurs décidé de ne pas prendre le risque de se rendre au G20, justifiant cette absence par des raisons d'"agenda". Le président russe s'épargne ainsi l'humiliation d'un accueil glacial, mais risque d'isoler encore plus son pays, déjà visé par de lourdes sanctions occidentales.
Exécution présumée d'un soldat russe accusé de désertion
Des comptes Telegram proches de Wagner ont publié une vidéo montrant un homme se présentant comme Evguéni Noujine, le crâne scotché à un bloc de pierre, être frappé à la tête avec une masse. Selon ces sources, il s'agirait d'un soldat du groupe accusé de désertion, ayant été repris par les Russes. "Dans ce spectacle, on voit que (cet homme) n'a pas trouvé son bonheur en Ukraine, mais qu'il a rencontré des personnes peu aimables mais justes", a commenté Evguéni Prigojine, le chef des mercenaires du groupe Wagner, cité dimanche par son service de presse.
"C'est un magnifique travail de réalisation, cela se regarde d'une seule traite. J'espère qu'aucun animal n'a été blessé lors du tournage", a-t-il ajouté. L'AFP n'a pas été en mesure de confirmer l'authenticité de cette vidéo, ni ses auteurs. L'ONG Gulagu.net, spécialisée dans la défense des détenus en Russie, affirme qu'Evguéni Noujine était un prisonnier qui avait été recruté dans une colonie pénitentiaire russe pour combattre en Ukraine.
Depuis 2014, les mercenaires du groupe Wagner sont accusés de servir les intérêts du régime de Vladimir Poutine et de commettre des exactions dans de nombreuses zones de conflit, allant de la Syrie à l'Ukraine, en passant par l'Afrique et l'Amérique du Sud. Ces derniers mois, le groupe opère activement sur le front ukrainien, en soutien de l'armée russe. Il est soupçonné d'avoir fait le tour des prisons de Russie pour recruter des détenus, en échange de réductions de peine.
