Alors que Joe Biden réclame un procès contre Poutine, l'Allemagne et la France expulsent des diplomates russes et l'Union européenne réfléchit à de nouvelles sanctions. Le point sur la situation en Ukraine au 40e jour du conflit.

Biden réclame un procès pour Boutcha

Le président américain, Joe Biden, a déclaré lundi 4 avril vouloir juger Vladimir Poutine pour "crimes de guerre", en raison du massacre perpétré contre des civils à Butcha, dans les environs de Kiev. "Nous devons rassembler les informations pour avoir tous les détails", a-t-il déclaré, avant de préciser que pour lui il ne s'agissait pas d'un génocide. Critiqué pour avoir qualifié Poutine de criminel de guerre il y a quelques jours, Biden a confirmé ses dires, estimant que les images venues de Boutcha ne faisaient que les confirmer. "Ce gars est brutal, il faut qu'il rende des comptes", a-t-il encore lancé devant la presse.

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L'Allemagne et la France expulsent des diplomates russes

L'Allemagne a décidé d'expulser "un nombre élevé" de diplomates russes en poste à Berlin, en raison de la guerre en Ukraine, a annoncé lundi la ministre des Affaires étrangères, Annalena Baerbock. La cheffe de la diplomatie a souligné que les employés de l'ambassade de Russie constituaient "une menace pour ceux et celles qui cherchent une protection chez nous". L'Allemagne a accueilli à ce jour plus de 300 000 réfugiés ukrainiens. Evoquant les massacres à Butcha, la ministre a dénoncé "l'incroyable brutalité des dirigeants russes et de ceux qui suivent leur propagande." Même décision à Paris : une source proche du ministère français des Affaires étrangères a indiqué en fin de journée que la France allait expulser 35 diplomates russes "dont les activités sont contraires à (ses) intérêts".

Berlin prend le contrôle de la filiale de Gazprom

L'Etat allemand va prendre le contrôle temporaire de la filiale allemande du géant russe Gazprom, en raison de son "importance pour l'approvisionnement" en énergie de l'Allemagne, a annoncé le ministre de l'Economie, Robert Habeck. L'agence fédérale des réseaux va devenir jusqu'au 30 septembre l'administrateur de "Gazprom Germania". Le groupe russe avait annoncé ce vendredi 1er avril se retirer de cette filiale sans indiquer de repreneur.

Situation tendue dans le Donbass

Cible prioritaire de l'armée russe depuis le retrait de la région de Kiev et du nord de l'Ukraine, le Donbass se prépare à mener le combat. Mais le gouverneur indique que la situation est tendue car la population civile doit quitter les lieux au plus vite. "C'est un processus progressif et pas un ordre du jour au lendemain, mais la situation va devenir plus dure, c'est clair", a-t-il déclaré. Si 146 000 personnes ont déjà quitté la région, il en reste près de 700 000 dans la zone contrôlée par l'Ukraine. "Si l'ennemi respectait les lois de la guerre, la rhétorique serait différente", explique le gouverneur. "Mais au vu de la situation, nous voulons que le moins de civils restent ici."

L'Union européenne discute de nouvelles sanctions

Après la découverte d'un grand nombre de corps de civils dans la région de Kiev, l'Union européenne a discuté "en urgence" de nouvelles sanctions à prendre contre Moscou. "Il y a un travail intense en cours sur les sanctions avec l'espoir de faire adopter un nouveau paquet mercredi ou jeudi", a confié un diplomate européen. L'unanimité des Vingt-Sept est nécessaire pour l'adoption de nouvelles mesures.

La Russie bientôt suspendue du Conseil des droits de l'Homme ?

Les Etats-Unis et le Royaume-Uni ont réclamé lundi la "suspension" de la Russie du Conseil des droits de l'Homme de l'ONU, en réponse "aux images de Boutcha. "Nous ne pouvons pas laisser un Etat membre qui est en train de saper tous les principes qui nous tiennent à coeur de participer au Conseil des droits de l'Homme de l'ONU", a tweeté l'ambassadrice des Etats-Unis auprès des Nations unies.