C'est une réunion qui s'est déroulée le 9 juin. Elle a marqué un tournant dans la politique accommodante menée par la Banque centrale européenne (BCE) ces dernières années : c'est lors de cette réunion qu'a été annoncé une remontée des taux directeurs de 25 points de base en juillet et d'autres hausses les mois suivants, afin de combattre l'inflation record. Il s'agit du premier relèvement de taux directeur depuis onze ans. Ce mouvement était attendu alors que la plupart des grandes banques centrales ont déjà commencé à relever leurs taux.
Selon le compte rendu de la dernière réunion publié ce jeudi 7 juillet, la BCE prône un resserrement "graduel" de la politique monétaire, mais n'exclut pas des hausses par tranches supérieures à 25 points de base si nécessaire. "Le gradualisme ne doit pas nécessairement être interprété comme une action lente à petits pas", ont convenu les gardiens de l'euro lors de leur réunion du 9 juin, dont l'institution de Francfort a publié des extraits.
Les débats de la réunion ont donc notamment porté sur le rythme de resserrement de la politique monétaire. "Un certain nombre" de membres du Conseil des gouverneurs souhaitaient "garder la porte ouverte à une hausse plus importante" lors de la prochaine réunion du 20 juillet, selon le compte rendu des échanges entre les responsables.
Ces partisans d'une action plus volontariste contre l'inflation - "les faucons" - ont plaidé pour que le Conseil des gouverneurs "conserve le pouvoir discrétionnaire d'ajuster l'ampleur du mouvement des taux directeurs" si les perspectives d'inflation à moyen terme se dégradent de nouveau d'ici la réunion du 20 juillet.
Un compromis finalement trouvé
Un compromis a finalement été trouvé pour que la BCE lance son cycle de hausse de taux par un relèvement de 25 points de base, "un premier pas proportionné", car il s'agit d'une "étape devant d'être préparée et expliquée avec soin", selon le compte rendu.
A la lecture de ces extraits, "le scénario de base d'une hausse des taux directeurs de la BCE de 25 points de base en juillet et de 50 points de base supplémentaires en septembre reste en place", note Carsten Brzeski, analyste à ING.
"Cependant, avec le risque d'une récession imminente dans la zone euro et d'un ralentissement de l'économie américaine (...) certains 'faucons' pourraient encore faire pression pour une hausse des taux de 50 points de base en juillet", poursuit-il. "L'euro s'approchant de la parité vis-à-vis du dollar américain pourrait être une autre raison pour les 'faucons' de pousser à la surprise", estime l'analyste.
