Le gouvernement italien ouvre les vannes. Le ministre italien de l'Intérieur, Matteo Salvini, a déclaré ce mardi qu'il espérerait que le peuple français se libérerait bientôt d'un "très mauvais président", au lendemain d'une nouvelle passe d'armes entre la France et l'Italie. Par la voix de la ministre des Affaires européennes Nathalie Loiseau, la France a répondu ne pas vouloir se lancer dans un "concours du plus bête".
"Quand des propos sont excessifs à la fois par leur ton et par leur nombre, ils deviennent insignifiants", a poursuivi la ministre, qui estime que la France a "beaucoup de choses à faire avec un voisin important qui est l'Italie". "Nous voulons continuer à pouvoir travailler", a encore affirmé Nathalie Loiseau, mais pas dans n'importe quel contexte. "Est-ce que pour autant le climat permet toutes les visites ministérielles comme si de rien n'était ? Je me rendrai en Italie quand le climat sera apaisé", a-t-elle averti.
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"J'espère que les Français pourront se libérer d'un très mauvais président, et l'occasion est celle du 26 mai [les élections européennes] quand finalement le peuple français pourra reprendre en main son avenir et son destin, son orgueil mal représentés par un personnage comme [Emmanuel] Macron", a affirmé mardi Matteo Salvini sur Facebook. Le ministre de l'Intérieur est également vice-président du Conseil et patron de la Ligue, parti d'extrême droite.
"Je suis proche, avec tout mon coeur et tout mon travail, du peuple français, de millions d'hommes et de femmes qui vivent en France avec un très mauvais gouvernement et un très mauvais président de la République", a-t-il ajouté.
Des propos qualifiés ce mercredi à la mi-journée d'"inutiles" et "inamicaux" par Nathalie Loiseau, selon une journaliste de BFMTV. "En France, on dit que tout ce qui est excessif est insignifiant. On ne va pas jouer au concours de celui qui est le plus bête", a lancé la ministre en charge des Affaires européennes.
Incident diplomatique
Cette énième attaque italienne contre le président français, qui signait mardi matin un nouveau traité franco-allemand, intervient au lendemain d'un tir de barrage du Mouvement 5 Étoiles, l'autre composante de la majorité gouvernementale.
Son chef de file - et président du Conseil italien - Luigi Di Maio s'en est directement pris à la France "colonialiste", qui "appauvrit l'Afrique" et se rend ainsi responsable des migrations dramatiques à l'issue souvent funeste en Méditerranée.
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"Si aujourd'hui il y a des gens qui partent, c'est parce que certains pays européens, la France en tête, n'ont jamais cessé de coloniser des dizaines de pays africains", avait-il lancé. L'ambassadrice d'Italie en France a été convoquée lundi au ministère français des Affaires étrangères après ces déclarations. Mais Luigi Di Maio a nié être à l'origine d'un "incident diplomatique", en confirmant lundi ses propos.
Relations très tendues
"Je pense que tout cela est vrai. La France est un de ces pays qui, parce qu'il imprime la monnaie de 14 pays africains, empêche le développement et contribue au départ des réfugiés. Si l'Europe veut en ce moment avoir un peu de courage, elle doit avoir la force d'affronter le thème de la décolonisation de l'Afrique", avait-il déclaré.
Les relations entre Paris et Rome sont extrêmement tendues depuis l'arrivée au pouvoir de l'extrême droite alliée aux antisystèmes en Italie en juin 2018.
Luigi Di Maio et Matteo Salvini ont apporté de façon très démonstrative leur soutien aux gilets jaunes, mouvement social qui bouscule la présidence d'Emmanuel Macron en France. Le chef de file de la Ligue a déjà accusé le président français de gouverner "contre son peuple" et, à l'amorce de la campagne pour les européennes, s'affiche à de nombreuses reprises aux côtés de la présidente du Rassemblement national, Marine Le Pen.
