Cette décision judiciaire va-t-elle retarder la remise de Salah Abdeslam aux autorités françaises ou, au contraire, l'accélérer? Le suspect-clé des attentats du 13 novembre à Paris a été inculpé ce jeudi par la justice belge pour la fusillade de Forest, commune bruxelloise, du 15 mars dernier.
"Tentative de meurtres comme auteur ou coauteur"
C'est son avocat, maître Sven Mary, qui l'a annoncé à l'AFP: "Il a été inculpé pour tentative de meurtres comme auteur ou coauteur." Cette inculpation s'ajoute à celle du dossier des tueries parisiennes, pour lequel le jeune Molenbeekois de 26 ans est suspecté au minimum d'avoir joué un rôle logistique. Les juges français attendent toujours de l'entendre, mais les autorités belges ont retardé son transfèrement. Difficile de savoir quel impact cette nouvelle décision va avoir sur la procédure: cela dépendra du besoin éventuel des magistrats belges de l'auditionner à nouveau.
La fusillade de Forest est intervenue trois jours avant son arrestation à Molenbeek. Elle a pour origine la perquisition d'un appartement que les enquêteurs pensaient inhabité. L'opération a dégénéré. Salah Abdeslam est suspecté d'avoir pris la fuite lors des échanges de tirs avec les forces de l'ordre avec une autre personne, vraisemblablement l'homme qui utilise la fausse identité d'"Amine Choukri". Cet individu a été interpellé en même temps qu'Abdeslam.
Mais pas de mandat d'arrêt, souligne l'avocat
Lors de l'assaut, quatre policiers, belges et français, ont été blessés, tandis qu'un des occupants de l'appartement était tué par un sniper: Mohamed Belkaïd, un Algérien utilisant la fausse identité de "Samir Bouzid". Ce complice de Salah Abdeslam, djihadiste endurci, serait resté sur place pour permettre la fuite des deux autres occupants.
La juge n'a pas assorti l'inculpation d'un mandat d'arrêt, ce que l'avocat de Salah Abdeslam interprète comme un signe du manque de preuves réunies à ce stade sur sa responsabilité directe dans les tirs. "S'il avait été considéré comme ayant tiré sur les policiers, il aurait été placé sous mandat d'arrêt", selon Me Mary.
Sa remise à la justice française pourrait intervenir "dans les dix jours", estime Sven Mary, en soulignant qu'aucune convocation ne lui est encore parvenue sur une possible audition de son client dans l'enquête sur les attentats de Bruxelles. Mais c'est sans compter avec cette nouvelle charge sur son client.
