C'est un énième coup de théâtre témoignant de leur lassitude face aux scandales à répétition secouant le gouvernement du Premier ministre Boris Johnson. Après les démissions coup sur coup des ministres britanniques des Finances, Rishi Sunak, et de la Santé, Sajid Javid, mardi 5 juillet, de nombreux secrétaires leur a emboîté le pas, ce mercredi. Cinq secrétaires d'Etat ont, notamment, annoncé dans l'après-midi dans une lettre commune qu'ils quittaient ensemble le gouvernement, portant à 27 le nombre de membres du gouvernement britannique démissionnaires depuis la veille. "Nous devons demander que, pour le bien du parti et du pays, vous vous retiriez", ont écrit à Boris Johnson les secrétaires d'Etat Kemi Badenoch, Neil O'Brien, Alex Burghart, Lee Rowley et Julia Lopez.

"Le public attend légitimement que le gouvernement soit conduit de manière compétente et sérieuse", a affirmé, mardi, Rishi Sunak, 42 ans, dans une lettre de démission publiée sur Twitter.

De son côté, le ministre britannique de la Santé Sajid Javid, 52 ans, a annoncé ce mardi sa démission en expliquant ne plus avoir confiance dans le Premier ministre Boris Johnson. Dans sa lettre de démission elle aussi publiée sur Twitter, il affirme qu'il "est clair pour moi que la situation ne va pas changer sous votre leadership - et vous avez donc perdu ma confiance".

L'affaire Chris Pincher, le scandale de trop

Ces démissions interviennent à la faveur d'un nouveau scandale impliquant le gouvernement du Premier ministre Boris Johnson : la démission du "whip" en chef adjoint Chris Pincher, chargé de la discipline parlementaire des députés conservateurs, accusé d'attouchements sexuels par plusieurs hommes.

Chris Pincher, un proche de Boris Johnson, avait la semaine dernière reconnu avoir "beaucoup trop bu" et s'être "couvert de honte, (lui) et d'autres personnes" dans un club privé. Il avait dû démissionner de son poste mais est resté député.

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La réponse évolutive de Downing Street à cette nouvelle crise avait fait l'objet de nombreuses critiques. Les services du Premier ministre avaient d'abord annoncé que Boris Johnson n'était pas au courant d'allégations plus anciennes visant Chris Pincher, quand il l'avait nommé à son poste en février dernier. Mais d'autres révélations ont montré qu'il était au courant dès 2019, quand il était ministre des Affaires étrangères, et ce mardi, Boris Johnson a finalement déclaré que la nomination de Chris Pincher "était une erreur" et a présenté des excuses.

Ce nouveau scandale a apparemment été le scandale de trop pour les deux ministres, alors que le 6 juin 2022, Boris Johnson avait survécu de peu à un vote de défiance des députés conservateurs dont plus de 40% avaient voté contre lui.