Enième coup de théâtre à Londres. L'ancien Premier ministre britannique Boris Johnson s'est retiré dimanche 23 octobre de la course à Downing Street, à quelques heures de la clôture des candidatures. "Bojo" a affirmé dans un communiqué qu'il avait obtenu les 100 parrainages nécessaires pour se présenter. Mais a-t-il déclaré, "ces derniers jours, je suis arrivé à la triste conclusion que ce ne serait simplement pas la bonne chose à faire". Et d'ajouter : "Vous ne pouvez pas gouverner efficacement si vous n'avez pas un parti uni au parlement."
Il était rentré samedi de vacances dans les Caraïbes, pour s'assurer des 100 soutiens de députés nécessaires pour se présenter. Il a affirmé qu'il en avait obtenu 102.
Ce retrait pourrait ouvrir la voie à la nomination de l'ancien ministre des Finances Rishi Sunak dès ce lundi soir : l'ex chancelier de l'Échiquier est pour l'instant le seul candidat ayant les 100 soutiens nécessaires. Gardien de l'orthodoxie budgétaire et bourreau de travail, il apparaît aux yeux des conservateurs comme un meilleur choix alors que le pays traverse une grave crise économique et sociale, encore aggravée par les errements calamiteux de l'ex Première ministre Liz Truss qui ont déstabilisé les marchés et fait chuter la livre. Au cours d'un intense week-end de tractations, Rishi Sunak a annoncé dimanche sa candidature. "Je veux redresser notre économie, unir notre parti et agir pour notre pays", a-t-il déclaré sur Twitter, promettant "intégrité, professionnalisme et responsabilité". Rishi Sunak avait régulièrement dénoncé cet été le plan économique de Liz Truss.
Un nouveau Premier ministre dès ce lundi ?
L'autre candidate, la ministre des relations avec le Parlement Penny Mordaunt, est loin des 100 parrainages. Il lui reste lundi matin pour y arriver (jusqu'à 14h) une tâche qui semble difficile. Elle a fait savoir dimanche soir qu'elle restait dans la course, se présentant comme celle qui pouvait unir le parti. Dans l'après-midi, si elle obtient les soutiens nécessaires, il y aura un vote indicatif des députés sur leur candidat préféré, une mesure qui n'existait pas cet été, quand les membres du parti avaient voté Liz Truss alors que les députés préféraient Rishi Sunak. Cette étape laisse toute latitude à celui qui serait le moins bien placé pour se désister.
Dans l'hypothèse où les deux candidats se maintiendraient après le vote des députés, il reviendra aux 170 000 membres du parti conservateur de les départager et de choisir le nouveau chef du gouvernement. Sinon, Rishi Sunak pourrait être nommé Premier ministre dès lundi soir, le cinquième depuis le référendum du Brexit de 2016, qui a ouvert une page de turbulences économiques et politiques au Royaume-Uni. Ce petit-fils d'immigrés indiens serait alors le premier non blanc à ce poste dans le pays.
"Nous serons toujours reconnaissants" à Boris Johnson, a-t-il déclaré dimanche soir sur Twitter, rappelant que son ancien patron, avec lequel il était à couteaux tirés depuis des mois, avait été l'homme du Brexit, celui de la mise en place à grande échelle d'une campagne de vaccination contre le Covid, et avait dirigé le pays durant "certains de ses défis les plus difficiles". Il a aussi mentionné son soutien à l'Ukraine depuis l'invasion de la Russie.
