Le menu est copieux : relations transatlantiques avec les États-Unis, souveraineté européenne, armements... Angela Merkel et Emmanuel Macron se retrouvent ce vendredi lors d'un conseil franco-allemand de Défense virtuel, en compagnie de leurs ministres des Affaires étrangères et des armées. Les deux chefs d'Etat tiendront une conférence de presse commune en duplex à 16h00, ce vendredi.

"Ils aborderont en particulier les questions de défense européenne, dans la perspective du conseil européen de février, alors que la présidence allemande du Conseil de l'UE vient de se terminer et que la France assurera la présidence au premier semestre 2022", indique la présidence française.

La précédente réunion dans ce cadre avait eu lieu à Toulouse (sud-ouest de la France) en octobre 2019, peu avant la déclaration fracassante d'Emmanuel Macron sur la "mort cérébrale" de l'Otan. Une phrase qui a nourri un débat épineux sur l'autonomie stratégique européenne voulue par la France, et sur laquelle l'Allemagne a exprimé des réserves, estimant que la sécurité européenne relevait justement du ressort de l'Otan.

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C'est également la première réunion dans ce format depuis l'entrée en fonction de Joe Biden à la Maison Blanche, qui alimente l'espoir d'une certaine normalisation des relations transatlantiques, après quatre ans d'une présidence Trump marquée par ses attaques incessantes contre l'Otan et l'Europe.

Système d'armement SCAF

Ils évoqueront aussi des "sujets d'armement, le SCAF (Système de combat aérien du futur, ndlr) et le char MGCS (acronyme anglais de Système de combat terrestre principal), où il y a un peu d'espoir de trouver une solution pour pouvoir avancer", prévoit la chercheuse allemande Claudia Major, directrice du groupe de recherche "sécurité internationale" au sein de l'Institut allemand pour les relations internationales et la sécurité (SWP), devant l'association Europresse.

Annoncé en 2017, le Scaf est un projet développé en plusieurs phases. Les pays partenaires négocient actuellement l'élaboration d'un démonstrateur de vol d'ici 2026, qui nécessitera un total de 6 milliards d'euros, selon une source proche du dossier.

Mais les progrès du dossier sont laborieux et la coopération entre les deux pays et leurs industriels très complexe. "Le Scaf montre en miniature tous les problèmes du couple franco-allemand" estime Claudia Major. Elle cite à titre d'exemple le fait que la Direction générale de l'armement (DGA) française n'a pas d'équivalent en Allemagne et la puissance du Bundestag, qui valide les tranches budgétaires, et qui est beaucoup plus fort l'Assemblée nationale à Paris. Ou encore le déséquilibre entre la puissante industrie militaire française et son alter ego allemande, d'une taille bien plus modeste.

Le Scaf risque aussi d'être affecté par la transition politique en Allemagne, après le départ d'Angela Merkel au terme des élections législatives de septembre. "Si on veut faire quelque chose, c'est avant les échéances électorales en Allemagne et en France", selon la source proche du dossier.

En vue de cette succession d'Angela Merkel, Emmanuel Macron va s'entretenir également avec un de ses successeurs potentiels, Markus Söder. Plébiscité pour sa gestion de la pandémie, Markus Söder, qui dirige l'Union chrétienne-sociale (CSU), parti allié à l'Union chrétienne-démocrate (CDU) de la chancelière, est actuellement la personnalité politique la plus populaire derrière Angela Merkel.