L'ex-coprésident des Verts allemands se serait bien passé de cette cruelle coïncidence. Le jour même où Robert Habeck, également ministre de l'Economie et du Climat, a annoncé un recours accru au charbon pour pallier la baisse brutale des livraisons de gaz annoncée le 15 juin par Moscou, un nouveau record national de chaleur a été établi pour un mois de juin, à 38,7°C. "C'est amer, mais c'est indispensable pour réduire la consommation de gaz", a-t-il déclaré.
Qu'un élu écologiste se retrouve à défendre en 2022 une augmentation des émissions de CO2 démontre par l'absurde le fiasco de la politique énergétique menée par l'ex-chancelière Angela Merkel. En cause : sa décision, après la catastrophe de Fukushima de 2011, de fermer toutes les centrales nucléaires. Un choix dont Berlin paye aujourd'hui le prix fort, en pleine guerre en Ukraine.
Tout en développant les énergies renouvelables, Merkel a énormément misé sur le gaz russe, moins polluant que le charbon, en omettant de construire les terminaux méthaniers qui auraient permis à l'Allemagne de diversifier ses approvisionnements... et de moins dépendre du gaz sibérien.
Le rétropédalage de Robert Habeck en faveur du charbon est d'autant plus piteux que l'Allemagne disposait, en 2010, avec l'atome, d'une énergie décarbonée couvrant presque un quart de sa production d'électricité. Aujourd'hui, c'est à peine 5%. Et bientôt zéro, puisque les trois derniers réacteurs vont être fermés en fin d'année. Visionnaire, Angela...
