8000 attaques coordonnées sur plus de 5500 systèmes informatiques civils et militaires de la Berylie, un Etat insulaire fictif. Telle était l'offensive à laquelle ont dû répondre plus de 24 équipes, en Estonie, du 19 au 22 avril, lors du Locked Shield de l'Otan, présenté comme "l'exercice international de cyberdéfense à tir réel le plus grand et le plus complexe au monde". Son vainqueur ? Un invité, la Finlande, dont la demande officielle d'adhésion à l'alliance a été officialisée ce dimanche 15 mai, dans le contexte de l'invasion de l'Ukraine par l'armée russe.

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Le pays nordique serait une recrue de poids pour l'Otan, au même titre que la Suède, dont la candidature doit suivre. "Ils apportent leur localisation géographique, avec plus de 1300 kilomètres de frontières communes entre la Finlande et la Russie, souligne Teija Tiilikainen, la directrice du Centre européen de lutte contre les menaces hybrides, basé à Helsinki. La région baltique sera plus unie en matière d'obligations de défense mutuelle et la tâche du commandement de l'Otan serait simplifiée, bien que la collaboration entre celui-ci et la Suède et la Finlande soit déjà étroite."

"C'est gagnant-gagnant", souligne également l'ex-Premier ministre finlandais Alexander Stubb. Helsinki possède une des armées les plus puissantes et les mieux préparées d'Europe, avec 280 000 soldats mobilisables immédiatement et un total de 900 000 réservistes, ainsi que des armements parmi les plus sophistiqués. Des chiffres impressionnants pour un pays de 5,5 millions d'habitants. Ceux-ci n'ont pas oublié qu'ils doivent leur indépendance à la résistance farouche de leurs aïeux lors de batailles sanglantes contre les Soviétiques pendant les deux guerres mondiales.

Son modèle de "défense globale" ("kokonais-turvallisuus"), unique en son genre, prévoit que les efforts de sécurité concernant les fonctions vitales du pays font l'objet d'une collaboration entre le politique, le monde des affaires et la société civile. "Ce modèle est entretenu, entre autres, par l'organisation de cours de défense nationale, quatre fois par an, comptant à chaque fois soixante participants issus de toute la société", précise Teija Tiilikainen. Une expertise des plus précieuses pour les membres de l'Otan.