Le chef du gouvernement italien, Matteo Renzi, a plaidé mercredi pour que l'Europe "retrouve son âme" et se réforme, afin de ne pas être un continent "résigné" après des années de crise et "un petit point sur Google Maps".

Dans un discours très attendu, Matteo Renzi a présenté les priorités de la présidence italienne de l'UE devant un Parlement où les europhobes sont bien décidés à donner de la voix. Plutôt que d'afficher une feuille de route précise, le jeune dirigeant a préféré défendre sa vision d'une Europe plus moderne et plus dynamique.



"Si l'Europe faisait un selfie, quelle image verrait-on sur l'écran?", a lancé Matteo Renzi dans un discours au Parlement européen pour présenter le programme de la présidence italienne de l'UE. "On verrait le visage de la fatigue, dans certains cas de quelqu'un de résigné. L'Europe aujourd'hui aurait sur ce selfie l'air ennuyé", a-t-il poursuivi, soulignant qu'après des années de crise et d'austérité, "la blessure est très profonde".

"La demande de croissance, ça ne sert pas à l'Italie, ça sert à l'Europe"

Pour "retrouver l'âme de l'Europe, le sens profond de notre vivre ensemble", l'étoile montante de la gauche européenne a de nouveau défendu le besoin de mettre l'accent sur la croissance, rappelant que le principal instrument budgétaire est "le pacte de stabilité... et de croissance".

Le président du Conseil italien a poussé avec la France pour obtenir plus de souplesse dans le cadre budgétaire actuel, de façon à soutenir la croissance et la création d'emplois. Il a obtenu gain de cause lors du dernier sommet européen, où les 28 se sont engagés à tirer parti des "possibilités" de flexibilité offertes par le cadre budgétaire actuel.

"La demande de croissance, ce n'est pas un pays qui le veut, ça ne sert pas à l'Italie, ça sert à l'Europe", a-t-il affirmé . Son discours a aussitôt fait réagir le président du groupe PPE (centre-droit), l'Allemand Manfred Weber, qui a coupé court à tout assouplissement des règles.

Dans un monde qui "va deux fois plus vite que l'Europe", M. Renzi a souhaité que cette dernière "rattrape l'écart". "Il n'y a pas d'espace pour l'Europe si nous acceptons de rester un petit point sur Google Map".