C'est un honneur auquel n'avait pas eu droit Nicolas... Alors que la crise ukrainienne fait rage et que Vladimir Poutine célèbre dans la Crimée annexée la victoire de 1945 sur l'Allemagne nazie, François Hollande a été invité par Angela Merkel à une "visite informelle" dans son fief sur les rives de la Baltique. Si le président français et la chancelière allemande devraient évoquer les grands dossiers internationaux du moment, l'objet premier de la rencontre sera bien de renforcer la relation privilégiée entre Paris et Berlin.

"Un cadre propice à un dialogue décontracté"

Croisière au large des falaises de l'île de Rügen, dîner et petit-déjeuner en tête à tête, promenade dans le décor pittoresque de la ville hanséatique de Stralsund, la chancelière a tout fait pour instaurer un cadre propice à un dialogue décontracté

"Nous allons utiliser ce moment de détente pour avoir des discussions libres mais aussi aborder les dossiers sensibles", a répondu le président français, citant l'Ukraine. Plusieurs autres sujets devraient être abordés dont les élections européennes.

A la veille de son déplacement, François Hollande a tiré la sonnette d'alarme sur l'euroscepticisme ambiant et la montée des populismes en Europe.

"Les jolies apparences trompeuses"

Ce sera surtout "une rencontre avec de belles images", résumait le Bild, journal le plus lu d'Allemagne. Mais "les jolies apparences sont trompeuses: ça grince énormément entre Berlin et Paris!", soulignait le quotidien populaire, assurant que le gouvernement allemand a été agacé par les propos récents du Premier ministre français Manuel Valls appelant à faire baisser l'euro.

On s'impatiente aussi à Berlin face au rythme jugé trop lent de réduction des déficits publics en France. Cependant, les réformes d'inspiration sociale-démocrate annoncées par M. Hollande depuis le début de l'année ont été bien accueillies.

Après un début très tendu entre Hollande et Merkel, il y a deux ans, quand le président français entendait remettre en cause l'austérité allemande imposée à l'Europe au lendemain de son élection, les deux dirigeants ont appris à mieux travailler ensemble.