C'était son premier discours sur l'Europe depuis sa réélection à la présidence de la République. A l'occasion de la clôture de la Conférence sur l'avenir de l'Europe, ce lundi 9 mai à Strasbourg, Emmanuel Macron s'est déclaré "favorable" à une "révision des traités" de l'Union européenne, comme proposé par le Parlement européen, pour gagner en efficacité institutionnelle par temps de paix comme en temps de crise.
"Il faudra réformer nos textes, c'est évident. L'une des voies de cette réforme est la convocation d'une convention de révision des traités. C'est une proposition du Parlement européen et je l'approuve", a déclaré le président français devant le Parlement européen le jour de la Journée de l'Europe, célébration de l'unité européenne dans les vingt-sept Etats membres, en cet anniversaire de la Déclaration Schuman de 1950.
Treize des 27 pays de l'Union européenne (UE) se sont dits ce lundi opposés au lancement d'une procédure pour changer les traités. Emmanuel Macron a reconnu des "divergences" entre les Etats membres sur le sujet et souhaite évoquer cette question avec les dirigeants des Vingt-Sept lors d'un sommet en juin.
La paix devra se construire sans "humilier" la Russie
Emmanuel Macron a en outre souligné que l'Ukraine, envahie par la Russie, était déjà "membre de coeur de notre union". Mais le processus d'adhésion à l'UE, à laquelle aspire Kiev, "prendrait plusieurs années, en vérité plusieurs décennies", a précisé le président français.
Il a proposé, en parallèle d'une procédure d'adhésion à l'UE, la création d'une "organisation européenne nouvelle", une "communauté politique européenne". "Cette organisation européenne nouvelle permettrait aux nations européennes démocratiques adhérant à notre socle de valeurs, de trouver un nouvel espace de coopération politique, de sécurité, de coopération", a expliqué Emmanuel Macron à l'occasion de la clôture de la Conférence sur l'avenir de l'Europe.
Alors que la Russie commémore ce lundi 9 mai le "Jour de la victoire" sur l'Allemagne nazie, au son des chars et des bottes de ses soldats qui défilent à Moscou, Emmanuel Macron a déclaré que, pour mettre fin à la guerre menée en Ukraine par l'armée russe, la paix devra se construire sans "humilier" la Russie.
"Nous aurons demain une paix à bâtir, ne l'oublions jamais. Nous aurons à le faire avec autour de la table l'Ukraine et la Russie (...) Mais cela ne se fera ni dans la négation, ni dans l'exclusion de l'un l'autre, ni même dans l'humiliation", a affirmé le président français au cours d'une conférence de presse au Parlement européen.
Un peu plus tôt, au cours de son discours, Emmanuel Macron avait également déclaré : "quand la paix reviendra sur le sol européen, nous devrons en construire les nouveaux équilibres de sécurité" sans "jamais céder à la tentation ni de l'humiliation, ni de l'esprit de revanche". "Car ils ont déjà trop, par le passé, ravagé les chemins de la paix", a-t-il ajouté, en faisant le parallèle avec le traité de Versailles conclu après la Première Guerre mondiale, marqué par "l'humiliation" de l'Allemagne.
D'ici là, les Européens doivent "tout faire pour que l'Ukraine puisse tenir et la Russie ne jamais l'emporter", mais aussi "préserver la paix sur le reste du continent européen et éviter toute escalade" avec Moscou, a réaffirmé le président français.
