Alexis Tsipras a remporté son pari. Son parti Syriza dispose ce dimanche d'une avance confortable sur la droite de Vangelis Meïmarakis à l'issue des élections anticipées en Grèce, selon des résultats officiels partiels. Dans la soirée, le Premier ministre sortant a annoncé qu'il s'alliait avec la droite souverainiste pour former un nouveau gouvernement.

Lors d'un discours sur une place du centre d'Athènes, Alexis Tsipras a déclaré: "Nous allons unir nos forces, (...), nous allons continuer ensemble". Panos Kammenos, le chef des Grecs indépendants (Anel), l'a alors rejoint à la tribune. Plus tôt, ce dernier avait annoncé: "Lundi, avec le Premier ministre Alexis Tsipras nous allons procéder à la formation d'un gouvernement pour faire sortir la Grèce de la récession et du chômage".

Selon les résultats sur 61% des bulletins dépouillés, Syriza obtient 145 sièges sur les 300 du Parlement. Avec le renfort du parti de droite souverainiste, il disposera d'une majorité absolue de 155 sièges. Il réitère donc exactement la même alliance que lors de son premier mandat.

Un "gouvernement de combat"

"Devant nous s'ouvre la voie du travail et des luttes", a tweeté pour sa part Alexis Tsipras à l'annonce des premiers résultats. Les Grecs vont "donner un mandat de stabilité au gouvernement solide, et qui durera quatre ans, dont le pays a besoin", avait assuré Alexis Tsipras ce dimanche matin en allant voter dans son bureau de quartier, à Athènes. Ce "gouvernement de combat" "continuera avec la même détermination, le même sens du sacrifice, à mener des batailles pour défendre les droits de notre peuple".

François Hollande a félicité Alexis Tsipras, voyant dans ce "succès" "un message important pour la gauche européenne".

Le parti néonazi Aube Dorée, troisième force du pays

Avant les résultats, Vangelis Meïmarakis, à la tête du parti d'opposition Nouvelle Démocratie, avait proposé "un gouvernement de coalition nationale", y compris avec Syriza. Mais Alexis Tsipras, dont la fermeté semble avoir payé, avait sèchement refusé cette main tendue. Samedi, son ancien ministre des Finances Euclide Tsakalotos avait dit ne pas voir comment on pourrait faire changer la vie publique et combattre l'évasion fiscale en s'alliant à "des partis qui ont construit leur pouvoir politique sur le clientélisme".

Par ailleurs, à la faveur de la crise des migrants, le parti néonazi Aube dorée semble, selon les résultats partiels, conforter sa place de troisième parti du pays, avec 7,19% et 19 députés (deux supplémentaires). En revanche, Unité populaire, qui rassemble les députés dissidents du Syriza dont le vote en août a précipité ces législatives, resterait à la porte du Parlement.