En France, "Un grand honneur fait à l'Europe"
Le président de la république François Hollande considère ce prix comme "un grand honneur" fait à l'Europe dont elle doit être "digne".
Pour Jacques Delors, "c'est une grande satisfaction pour les pères de l'Europe qui nous ont quittés. Et aussi pour les millions de militants qui déjà avant-guerre préconisaient une entente entre l'Europe." L'ancien président de la Commission européenne voit dans l'attribution de ce prix un "message politique à un moment où il y a beaucoup de critiques, beaucoup de statistiques, de pronostics défavorables à l'Europe. "Je pense que tous les chefs de gouvernement et toutes les populations qui s'intéressent à l'Europe vont prendre cela pour un encouragement."
Jean-Marc Ayrault, Premier ministre, salue un prix qui "vient couronner cinq décennies" consacrées aux valeurs communes qui font "la force de l'Union européenne et de ses Etats membres: respect des droits de l'Homme et de la dignité humaine, liberté, égalité, démocratie et solidarité."
Le ministre français de l'Economie et des Finances, Pierre Moscovici, a salué vendredi l'attribution du prix comme "la récompense d'un processus historique unique".
Martine Aubry, maire de Lille et ancienne première secrétaire du PS, voit dans l'attribution du prix Nobel de la paix à l'Union européenne "un encouragement à reprendre la marche de la construction européenne" vers "une Europe plus politique, plus sociale, plus démocratique mais aussi vers une Europe qui défend ses valeurs au-delà de ses frontières, une Europe qui joue un rôle majeur pour la réduction des inégalités et la paix dans le monde".
"C'est beau l'Europe!" s'est enflamé Jean-Louis Borloo, président de l'Union des démocrates et indépendants. "Le reste du monde nous rappelle que l'Europe est une formidable invention, le plus grand projet politique de paix, de liberté et de démocratie.
Pour l'ancien président Valéry Giscard d'Estaing, "Il est juste que l'effort extraordinaire accompli par les Européens et leurs dirigeants pour établir une paix définitive sur leur continent, historiquement ravagé par les guerres, soit reconnu et honoré".
Jean-François Copé, secrétaire général de l'UMP, a vu "un très grand honneur pour tous les Européens", et a rendu un hommage aux artisans français de l'Union, particulièrement à Nicolas Sarkozy.
François Bayrou, président du MoDem, a salué vendredi le Prix Nobel de la paix accordé à l'Union européenne, dans laquelle il voit "l'entreprise historique la plus pacifique de tous les temps".
L'eurodéputé vert Daniel Cohn-Bendit a estimé que ce prix était l'occasion de demander pour l'UE un siège permanent au Conseil de sécurité de l'ONU. Il a également relevé que le Nobel était "une injonction à l'UE pour qu'elle assume la responsabilité de la paix sociale dans les pays en crise".
De son côté, Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, s'interroge dans un communiqué: "Est-ce de l'humour noir?". "L'UE n'est pas une force de paix internationale, elle a même été, avec ses pays membres et l'OTAN, actrice des conflits internationaux majeurs de la période. En son sein, qu'a-t-elle fait pour aider Chypre, face à l'occupation illégale du nord de l'île par la Turquie? Frontex et les murs de l'Europe forteresse respecteraient les droits de l'homme?".
Jean-Luc Mélenchon, coprésident du Parti de gauche, a de son côté décerné vendredi le prix de "l'humour noir" au comité Nobel de la Paix qui a couronné l'Union européenne. "On comprend qu'elle n'ait pas reçu le prix nobel d'économie tant sa politique aggrave la crise et le chômage", ironise dans un communiqué l'ex-candidat du Front de gauche à l'Elysée.
Pour l'ex-candidat à l'Elysée Nicolas Dupont-Aignan, il s'agit d'un "prix Nobel à titre posthume pour l'Union européenne".
L'ancien ministre Maurice Faure, dernier signataire français vivant du traité de Rome en 1957, s'est réjoui vendredi de cette l'attribution, soulignant que la paix était la plus grande réussite de la construction européenne.
L'émotion des dirigeants européens
Les principaux dirigeants européens ont réagi avec "émotion" vendredi à l'attribution du prix Nobel de la paix à l'Union européenne, se disant "honorés" et pour certains surpris, et rappelant que l'UE a réussi à "surmonter la guerre et les divisions".
Pour le président du Conseil de l'UE Herman Van Rompuy, l'attribution du prix est "un grand honneur pour l'Union européenne", en soulignant qu'il s'agissait, selon lui, "de la plus forte reconnaissance possible des profondes motivations politiques qui animent notre Union". Les Européens sont parvenus "à surmonter la guerre et les divisions" pour "former ensemble un continent de paix et de prospérité" a-t-il ajouté.
Le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a estimé que le prix était "un grand honneur pour l'ensemble de l'Union européenne, pour ses 500 millions de citoyens". Le président du Parlement européen, l'Allemand Martin Schulz, s'est quant à lui dit "touché" et "honoré".
Le secrétaire général de l'Otan, Anders Fogh Rasmussen, a salué vendredi l'attribution du prix Nobel de la Paix à l'Union européenne, qui a "joué un rôle majeur pour promouvoir la paix et la coopération dans toute l'Europe".
Disant "se réjouir", la chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, a rappelé que "parmi les pays de l'UE, des ennemis historiques sont devenus des partenaires et des amis proches", et s'est dit "fière de contribuer à la poursuite de ce travail".
Ailleurs en Europe, Lech Walesa, prix Nobel de la paix en 1983, s'est dit "surpris et déçu" par cette attribution."Certes, l'Union européenne tente de changer l'Europe et le monde de manière pacifique, mais elle se fait payer pour ça", alors que les activistes s'engagent dans leur action juste pour défendre une idée, a-t-il expliqué. Selon l'ancien président polonais, "il existe dans ce monde beaucoup de cas d'engagement personnel".
L'ex-dissidente soviétique et militante russe pour la défense des droits de l'homme, Lioudmila Alexeeva, a également regretté vendredi que le prix soit attribué à l'Union européenne plutôt qu'à des défenseurs des libertés. "Franchement, cette décision ne me plaît pas car l'Union européenne est une énorme organisation assez bureaucratique, et je pense que l'attribution de ce prix ne va jouer aucun rôle dans sa politique à l'avenir".
Réactions en Europe
Parmi les premiers pays de l'UE à réagir l'Allemagne voit dans ce prix "un encouragement au grand projet pacificateur qu'a représenté l'Union européenne pour le continent européen", selon le porte-parole d' Angela Merkel pour qui l'euro qui représente la paix.
Le Premier ministre belge Elio Di Rupo, dont le pays est l'un des six fondateurs de l'UE et dont la capitale accueille la plupart des institutions européennes, a fait part de sa "fierté" "Pour aimer l'Europe, les citoyens doivent pouvoir se reconnaître en elle. Que ce prix soit une source d'inspiration afin de se rapprocher de ce but. L'Europe doit à nouveau faire rêver et espérer !", a-t-il déclaré.
Le Premier ministre norvégien Jens Stoltenberg, à la tête d'une coalition de gauche divisée sur la question européenne, a félicité l'Union européenne tout en excluant de nouveau une adhésion de son pays. "Il est possible de reconnaître son rôle de faiseur de paix et de distinguer cela de la question de la relation de la Norvège avec l'UE".
