A 70 ans, "Zarmena Waziri ne survivrait pas deux jours si elle est renvoyée en Afghanistan", assure sa fille. Les autorités danoises n'en ont pas moins rejeté la demande d'asile de cette Afghane, souffrant de démence sénile. Ils exigent qu'elle se présente au centre d'accueil de Sandholm, au nord de Copenhaque, pour être expulsée.

La vieille femme qui "ne sait même pas reconnaître ses médicaments", selon sa fille, a subi plusieurs attaques cérébrales. Sa mobilité est réduite et elle souffre d'hypertension, raconte le site en langue anglaise The Local qui reprend les informations du journal danois Politiken.

"Personne ne pourrait la recevoir à Kaboul"

Zarmena Waziri vit actuellement chez sa fille Marzia à Aarhus, la deuxième ville du Danemark. Installée depuis 25 ans au Danemark, et mère de deux enfants de nationalité danoise, Marzia tient une petite épicerie, relate le New York Times qui les a rencontrées. "Je ne peux imaginer ce qu'il adviendrait d'elle, si elle était renvoyée à Kaboul, confie sa fille à Politiken. Nous n'avons plus de famille en Afghanistan qui pourrait la recevoir. Moi et mon frère sommes tous les deux installés au Danemark."

Les autorités danoises accusent la réfugiée afghane d'être responsable de sa mésaventure. Elle a enfreint la loi, alors que toutes ses demandes d'asile ont été rejetées depuis 2012 et qu'elle a refusé de se plier aux ordres de quitter le pays.

Confronté comme tant d'autres pays européens à une montée du sentiment anti-immigrés, le Danemark est l'un des pays d'Europe de l'Ouest qui a adopté les mesures les plus dures envers les réfugiés, sous la pression des populistes du Parti du peuple danois, deuxième formation du pays. En décembre 2015, au plus fort de la crise des migrants, une proposition de loi pour confisquer l'argent liquide et les bijoux de valeur des réfugiés avait suscité l'indignation.

Vers une accélération des expulsions vers l'Afghanistan

Les rumeurs font était de la volonté du gouvernement d'accélérer les expulsions d'Afghans, souligne The Independent. En mars dernier, relève le New York Times, les autorités ont affrété un avion avec 50 policiers et personnels administratifs pour accompagner 16 afghans déboutés du droit d'asile.

L'Afghanistan est pourtant l'un des pays les plus instables au monde. C'est pourquoi plusieurs ONG, comme Welcome to Denmark ont indiqué à Politiken leur intention d'envoyer des activistes dans les aéroports où les expulsions devraient avoir lieu. A travers le cas de Zarmena Waziri, elles veulent dénoncer l'inhumanité de cette politique.