L'Ukraine a raccordé au réseau électrique sa gigantesque centrale nucléaire de Zaporijia, débranchée la veille alors qu'elle se trouve sous occupation russe et que son site a subi des bombardements. En parallèle, le président russe Vladimir Poutine muscle son jeu sur le terrain, signant le même jour un décret ordonnant l'augmentation de 10% le nombre des militaires que compte l'armée.
La centrale de Zaporijia reconnectée au réseau ukrainien
La centrale nucléaire ukrainienne de Zaporijia, la plus grande d'Europe, sous occupation russe et dont le site a subi des bombardements, a été rebranchée au réseau électrique vendredi après une déconnexion la veille, a annoncé l'opérateur ukrainien Energoatom.
"Un des réacteurs de la centrale de Zaporijia arrêtés la veille a été reconnecté au réseau électrique aujourd'hui" vendredi à 14H04, a annoncé Energoatom sur Telegram, tout en assurant que ses systèmes de sécurité fonctionnaient normalement. Le réacteur rebranché "produit de l'électricité pour les besoins de l'Ukraine", a ajouté l'opérateur. "L'augmentation de (sa) puissance est en cours".
"Les employés de la centrale de Zaporijia sont de vrais héros" qui assurent "la sécurité nucléaire de l'Ukraine et de l'Europe entière", a encore déclaré le groupe.
L'Ukraine a annoncé jeudi que la centrale de Zaporijia qui se trouve dans la région éponyme dans le sud du pays avait été "totalement déconnectée" du réseau électrique, "pour la première fois dans son histoire", après l'endommagement de lignes électriques. La centrale est au centre de toutes les inquiétudes en raison de bombardements dont s'accusent mutuellement Russes et Ukrainiens.
Poutine augmente ses effectifs de l'armée russe
Le président russe Vladimir Poutine a signé, jeudi, un décret ordonnant d'augmenter de 10% (soit 137 000 soldats de plus) le nombre des militaires que compte l'armée, en pleine offensive contre l'Ukraine et sur fond de tensions croissantes avec les pays occidentaux.
"Pour donner un ordre de grandeur, cette augmentation correspond grosso modo au nombre de conscrits appelés annuellement sous les drapeaux. C'est un objectif assez ambitieux, même dans une situation où le soutien à la guerre est important et les militaires sont bien payés", détaille sur Twitter Anna Colin Lebedev, sociologue spécialiste des sociétés post-soviétiques.
La spécialiste indique qu'il est possible d'envisager "une pression plus forte sur la conscription qui est le premier vivier de recrutement des militaires sous contrat", qui devrait s'accompagner "de violations des droits des conscrits".
Macron va recevoir le Premier ministre polonais pour parler de l'Ukraine
Emmanuel Macron recevra, lundi, le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki pour discuter du soutien à l'Ukraine face à la Russie et des conséquences du conflit pour les Européens, a annoncé jeudi l'Elysée. Au-delà de la guerre en Ukraine, les deux dirigeants "échangeront sur les enjeux de la souveraineté européenne en matière de défense et de sécurité, ainsi que sur la coopération pour la pleine sécurisation du flanc oriental de l'Europe", a précisé la présidence.
La visite du Premier ministre nationaliste populiste, déjà venu en mars 2021, intervient après une période de tension entre Paris et Varsovie. Début avril, l'ambassadeur de France en Pologne avait été convoqué à la suite de propos d'Emmanuel Macron accusant Mateusz Morawiecki d'"antisémitisme d'extrême droite" et de "s'immiscer dans la campagne politique française" en pointant sa proximité avec Marine Le Pen, sa rivale lors de l'élection présidentielle.
Comptes bancaires bloqués : des Russes vivant en France déposent plainte pour discrimination
Plus de 70 personnes, en majorité russes ou au nom slave, ont déposé plainte à Paris pour discrimination, dénonçant des blocages qualifiés d'abusifs de leurs comptes par certaines banques françaises depuis le début de la guerre en Ukraine, ont indiqué jeudi leurs avocats. Les 76 signataires de la plainte contre X déposée lundi, consultée par l'AFP et révélée par Le Figaro, sont essentiellement des ressortissants russes vivant en France ou des Français d'origine russe ou au nom à consonance slave, clients dans de grands établissements bancaires français ou de banques en ligne.
"Les restrictions bancaires prises à leur encontre" sont "la simple résultante de leur appartenance vraie (ou parfois seulement supposée) à la nation russe", peut-on lire dans la plainte. Celle-ci précise qu'ils ne font "pas partie de la liste 'noire' des personnalités russes ou proches de Vladimir Poutine qui tombent sous le coup des sanctions" de l'Union européenne, comme le gel des avoirs.
