L'incompréhension succède à la colère dans le monde diplomatique. L'Ukraine a assuré que des frappes russes ont touché, samedi 23 juillet, le port d'Odessa, accusant Vladimir Poutine d'avoir "craché au visage" de l'ONU et de la Turquie et de compromettre l'application de l'accord signé la veille sur la reprise des exportations des céréales bloquées par la guerre. Sans réagir directement, Moscou a tout d'abord nié son implication dans ces frappes auprès d'Ankara, avant d'affirmer qu'elle avait détruit des "infrastructures militaires" ukrainiennes.

La Russie affirme avoir détruit des "infrastructures militaires" à Odessa

La porte-parole de la diplomatie russe a affirmé, ce dimanche, que des missiles russes avaient détruit la veille des infrastructures militaires dans le port d'Odessa, lieu vital pour l'exportation de céréales ukrainiennes. "Des missiles Kalibr ont détruit des infrastructures militaires du port d'Odessa, avec une frappe de haute précision", a écrit Maria Zakharova sur son compte Telegram, en réponse à une déclaration du président ukrainien Volodymyr Zelensky affirmant que ces frappes avaient détruit la possibilité d'un dialogue ou d'une entente avec Moscou.

Pyongyang accuse Washington de mener une guerre biologique en Ukraine

La Corée du Nord a accusé, dimanche, les Etats-Unis de fabriquer des armes biologiques en Ukraine, faisant écho à une accusation déjà formulée par la Russie et rejetée par les Nations unies en mars. Washington a "installé de nombreux laboratoires biologiques dans des dizaines de pays et de régions, dont l'Ukraine, au mépris des traités internationaux", a indiqué l'agence de presse officielle nord-coréenne KCNA, faisant référence à des éléments "détectés" par la Russie.

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Pyongyang, allié de Moscou, a également accusé Washington d'être "un vicieux commanditaire du terrorisme biologique jetant l'humanité dans la destruction" et d'avoir mené une "guerre bactériologique" pendant la guerre de Corée dans les années 1950. Des affirmations que Pyongyang, Pékin et Moscou ont faites à plusieurs reprises dans le passé. Washington a démenti ces allégations.

Les Etats-Unis condamnent les frappes russes

Les États-Unis ont condamné, samedi, les frappes de missiles russes contre le port ukrainien d'Odessa sur la mer Noire, affirmant qu'elles "jettent un doute sérieux" sur l'engagement de la Russie concernant le déblocage des exportations de céréales dans le cadre de l'accord qu'elle a signé la veille à Istanbul.

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"Cette attaque jette un doute sérieux sur la crédibilité de l'engagement de la Russie à l'égard de l'accord d'hier [vendredi, NDLR] et sape le travail de l'ONU, de la Turquie et de l'Ukraine pour acheminer des denrées alimentaires essentielles vers les marchés mondiaux", a déclaré le secrétaire d'État américain Antony Blinken dans un communiqué. De son côté, le Royaume-Uni a également condamné une attaque "absolument épouvantable".

Moscou trouvera toujours "des moyens" de ne pas tenir ses "promesses", dit Zelensky

Samedi, le président ukrainien Volodymyr Zelenksy a accusé la Russie de violer systématiquement ses engagements, après que les forces russes ont bombardé selon Kiev le port d'Odessa. "Cela ne prouve qu'une seule chose : peu importe ce que la Russie dit et promet, elle trouvera des moyens de ne pas l'appliquer", a déclaré Volodymyr Zelensky lors d'une réunion avec une délégation d'élus américains, selon un communiqué de la présidence.

Viktor Orban prône des pourparlers russo-américains

Le Premier ministre hongrois Viktor Orban a appelé, samedi, à des négociations entre Washington et Moscou pour mettre fin à la guerre en Ukraine, fustigeant une nouvelle fois des sanctions inefficaces et la stratégie de l'Union européenne. Le dirigeant nationaliste et ultra-conservateur de 59 ans a également défendu sa vision d'une "race hongroise non mixte", dans un discours à l'université d'été de Baile Tusnad, en Transylvanie roumaine, où réside une importante communauté hongroise.

"Nous sommes assis dans une voiture dont les quatre pneus sont crevés", a-t-il lancé au sujet du conflit, jugeant qu'il "n'aurait jamais éclaté si Donald Trump était encore à la tête des Etats-Unis et Angela Merkel chancelière allemande". Les sanctions, à l'impact économique dévastateur, "ne modifieront pas la donne" et "les Ukrainiens ne sortiront pas victorieux", a estimé Viktor Orban. Idem pour les livraisons de matériel militaire : "plus l'Occident envoie des armes puissantes, plus la guerre s'éternise."