Autour de la centrale nucléaire de Zaporijjia, occupée depuis début mars par les troupes russes, le risque d'une escalade n'est pas à écarter. Dmytro Orlov, le maire d'Energodar, ville où se trouve le complexe, a pris un ton alarmiste, dimanche 14 août, évoquant une "situation grave". Parallèlement, le premier navire affrété par les Nations unies pour transporter des céréales ukrainiennes a été chargé de 23 000 tonnes de blé et est prêt à prendre la mer vers l'Ethiopie.
De son côté, l'armée ukrainienne accentuait, dimanche, la pression sur la tête de pont russe autour de Kherson, dans le sud du pays, tandis que la Russie intensifiait ses efforts pour avancer dans l'est, jusqu'à présent sans grands succès. Les troupes russes se sont emparées le 3 mars de Kherson, sur le fleuve Dnipro, la seule capitale régionale qu'elles ont jusqu'à présent réussi à conquérir.
Les risques "augmentent chaque jour" à la centrale nucléaire de Zaporijjia
Les risques autour de la centrale nucléaire de Zaporijjia, dans le sud de l'Ukraine, que Moscou et Kiev s'accusent depuis plus d'une semaine de bombarder, "augmentent chaque jour", a jugé, dimanche, le maire de la ville d'Energodar où elle est située. Dmytro Orlov a dénoncé par téléphone auprès de l'AFP un "terrorisme nucléaire pur et simple" de la Russie qui "peut se terminer de façon imprévisible à n'importe quel moment".
"Les risques augmentent chaque jour (...) Des tirs de mortier sur la centrale nucléaire sont effectués chaque jour et chaque nuit depuis les villages occupés", a-t-il ajouté. "La situation est grave et le plus préoccupant est qu'il n'y a pas de processus de désescalade", selon l'élu. Energodar est, comme la centrale, occupée depuis début mars par les troupes russes. Fidèle à Kiev, Dmytro Orlov a trouvé refuge à Zaporijjia, la grande ville de la région. Selon lui, Energodar a commencé durant les dernières 24 heures à être bombardée, "ce qui n'était jamais arrivé auparavant" et a tué dimanche un civil de 45 ans.
Un premier navire de l'ONU prêt à partir d'Ukraine avec des céréales
Le premier navire humanitaire affrété par les Nations unies pour transporter des céréales ukrainiennes a été chargé dimanche de 23 000 tonnes de blé et est prêt à prendre la mer, a annoncé le ministre ukrainien de l'Infrastructure.
Présent au port de Pivdenny, dans la ville de Youjné, pour assister au chargement du "MV Brave Commander", le ministre Oleksandre Koubrakov a indiqué que "le navire se dirigera vers l'Afrique, l'Ethiopie étant le dernier pays où la cargaison de 23 000 tonnes de blé sera livrée".
"J'espère que d'autres navires affrétés pour le Programme alimentaire mondial (PAM) viendront dans nos ports. J'espère qu'il y aura bientôt 2-3 navires supplémentaires", a-t-il poursuivi. Sur Twitter, il a plus tard ajouté que le chargement était complet et le bateau prêt à partir, sans donner de date.
Suisse : la situation énergétique est "grave", affirme une ministre
La situation énergétique est "grave" pour la Suisse, qui négocie avec l'Allemagne et l'Italie pour garantir son approvisionnement en gaz l'hiver prochain, face à la chute des livraisons russes, a affirmé dimanche la ministre suisse de l'Energie. "Pourquoi avons-nous un problème aujourd'hui ? Parce que la Russie a fermé le robinet de gaz et que la Suisse est entièrement dépendante de l'étranger pour ce type d'énergie", a indiqué la conseillère fédérale Simonetta Sommaruga, dans un entretien avec le quotidien suisse Blick.
"La situation est grave. Le Conseil fédéral (gouvernement NDLR) en est conscient - et pas seulement depuis la guerre en Ukraine", a-t-elle ajouté. La Suisse ne s'est pas encore fixée d'objectifs en termes d'économies d'énergie, contrairement à l'UE qui entend réduire de 15% sa consommation de gaz pour surmonter la chute des livraisons russes, du fait des tensions liées à la guerre en Ukraine.
Simonetta Sommaruga juge que cela "serait certainement judicieux" que la Suisse se fixe de tels objectifs, et indique qu'une campagne sera lancée dans les prochaines semaines pour inciter à réduire la consommation d'énergie.
L'Ukraine dit avoir frappé une base du groupe russe Wagner
L'Ukraine a affirmé ce lundi 15 août avoir visé une base du groupe paramilitaire Wagner, dont les hommes sont accusés de combattre aux côtés des troupes russes, et avoir détruit un pont près de la ville occupée de Melitopol. Selon le gouverneur de la région de Lougansk, dans l'est de l'Ukraine, la base de cette société militaire privée dans la ville de Propasna a été "détruite par une frappe de précision". Le tir a eu lieu dimanche, a précisé Serguiï Gaïdaï sur Telegram.
Très opaque, le groupe Wagner est réputé comme étant lié à l'oligarque russe Evguéni Prigojine, lui-même considéré comme un proche de Vladimir Poutine. La présence de ses combattants a été attestée ces dernières années en Syrie, en Libye, au Mali et dans d'autres pays d'Afrique.
Les autorités ukrainiennes ont également affirmé que des saboteurs pro-Kiev sont parvenus à faire sauter un pont ferroviaire près de la ville de Melitopol (région de Zaropijjia, sud), occupée par l'armée russe, dans un nouvel effort pour perturber la logistique des troupes de Moscou.
L'Ukraine affirme menacer les troupes russes dans la région de Kherson
L'Ukraine a affirmé dimanche que les troupes russes ayant franchi le fleuve Dnipro dans la région de Kherson risquaient d'y être coincées après la mise hors d'usage de tous les ponts existant. "Les seuls moyens de traverser le fleuve pour l'occupant sont des pontons près du pont Antonivski mais ils ne pourront pas totalement répondre à leurs besoins", a souligné à la télévision ukrainienne un député régional, Serguiï Khlan.
Selon lui, "la Russie transfère ses centres de commandement de la rive droite du fleuve vers la gauche, consciente qu'en cas d'escalade, ils ne pourront pas être évacués à temps". Il a estimé à 20 000 le nombre de soldats russes présents sur la rive droite du fleuve et précisé qu'ils peuvent toujours "traverser les ponts abîmés à pied".
Vers un rapprochement entre la Russie et la Corée du Nord
Le président russe, Vladimir Poutine, a déclaré que la Russie et la Corée du Nord élargiraient leurs relations bilatérales, a rapporté ce lundi l'agence de presse officielle de Pyongyang, KCNA, relayée par Reuters. Le chef du Kremlin affirmé au dirigeant nord-coréen, Kim Jong-un, que les deux pays "étendraient les relations bilatérales globales et constructives avec des efforts communs", a rapporté ce lundi la KCNA.
Dans une lettre adressée à Kim pour le jour de la libération de la Corée du Nord, le maître de Moscou a déclaré que des liens plus étroits seraient dans l'intérêt des deux pays et contribueraient à renforcer la sécurité et la stabilité de la péninsule coréenne et de la région de l'Asie du Nord-Est, a déclaré la KCNA.
En juillet, la Corée du Nord a reconnu les deux "Républiques populaires de Donetsk et de Lougansk" occupées par la Russie dans l'est de l'Ukraine comme des Etats indépendants, et les responsables ont évoqué la possibilité que des travailleurs nord-coréens soient envoyés dans les régions pour aider à la construction et à d'autres travaux.
