L'armée russe continuait, samedi 9 juillet, de bombarder l'Ukraine, même si son offensive a récemment diminué d'intensité, Moscou ayant besoin de reposer ses troupes et de se réorganiser après les prises très difficiles des villes de Severodonetsk et Lyssytchansk dans le Donbass, à l'est du pays.
Severodonetsk et Lyssytchansk étaient des villes clé dont la capture récente a permis à Moscou de s'emparer de l'intégralité du Lougansk, l'une des deux régions composant le Donbass. Contrôler l'intégralité du Donetsk, le second territoire composant le Donbass, est un impératif russe.
Au moins 15 morts à Tchassiv Iar après une frappe
Dans la nuit de samedi à dimanche, une frappe russe a éventré un immeuble d'habitation à Tchassiv Iar, une petite ville de 12 000 habitants située dans l'oblast de Donetsk (est). Au moins 15 personnes ont été tuées, selon les autorités ukrainiennes. D'après les secours, 24 personnes se trouvent encore sous les décombres, dont un enfant, tandis que cinq autres ont été sauvées de sous les gravas. L'immeuble de quatre étages a été touché par un missile russe Ouragan, a précisé sur Telegram Pavlo Kyrylenko
Poursuite des bombardements russes, "nouvelles actions" attendues
L'armée russe a poursuivi samedi ses bombardements en Ukraine et prépare, après quatre mois et demi de guerre, "de nouvelles actions", selon des responsables ukrainiens. Les Etats-Unis, qui continuent d'augmenter leur aide militaire à Kiev, ont demandé à la Chine de condamner "l'agression russe" en Ukraine. Le Royaume-Uni accueille, lui, un premier groupe de soldats ukrainiens venus s'entraîner.
Dans le Donbass, dans l'est de l'Ukraine progressivement conquis, "les frappes brutales de l'artillerie russe ne s'arrêtent pas un jour : Sloviansk, Bakhmout, Avdiivka...", a condamné le président Volodymyr Zelensky, dans la soirée, réclamant encore des armes "modernes et puissantes" pour se défendre.
"En une journée, la Russie a frappé Mykolaïv (sud), Kharkiv (nord-est), Kryvy Rig (ville natale de Volodymyr Zelensky dans l'Est, NDLR), les villages de la région de Zaporijjia (est)... Elle a frappé (...) délibérément, intentionnellement, de simples maisons, des objectifs civils, des gens. Il y a des victimes, des morts, des blessés", a-t-il énuméré.
Dispute entre Berlin et Kiev : les turbines iront en Allemagne, tranche le Canada
Le Canada a décidé, samedi, de restituer à l'Allemagne des turbines destinées au gazoduc russe Nord Stream pour atténuer la crise énergétique avec la Russie, malgré les appels de l'Ukraine à ne pas se "soumettre au chantage du Kremlin".
L'Ukraine avait instamment prié le Canada de ne pas rendre les turbines qui se trouvent actuellement dans des ateliers du groupe Siemens, près de Montréal, au Québec. Le groupe gazier russe Gazprom avait invoqué ces travaux pour justifier, mi-juin, une réduction de ses livraisons à l'Allemagne via le gazoduc Nord Stream.
Le Canada accordera à Siemens Canada un permis révocable et d'une durée limitée pour permettre le retour en Allemagne des turbines Nordstream 1 réparées, ce qui soutiendra la capacité de l'Europe à accéder à une énergie fiable et abordable, a déclaré le ministre des Ressources naturelles, Jonathan Wilkinson.
"En l'absence d'un approvisionnement nécessaire en gaz naturel, l'économie allemande subira des difficultés très importantes et les Allemands eux-mêmes risquent de ne pas pouvoir chauffer leurs maisons à l'approche de l'hiver", a-t-il expliqué dans un communiqué. Le ministre canadien a aussi accusé le président Poutine de vouloir "semer la division parmi les alliés".
A Kiev, Larcher demande que l'Ukraine recueille "les fruits concrets" de sa candidature à l'UE
En visite à Kiev, le président du Sénat Gérard Larcher a plaidé samedi devant le Parlement ukrainien pour que le pays obtienne "sans tarder les fruits concrets" de son statut de candidat à l'Union européenne.
L'Ukraine a demandé officiellement son adhésion cinq jours après le début de l'invasion russe le 24 février. Les 27 membres de l'Union ont accepté sa candidature le 23 juin. "Nous sommes fiers que cela ait pu advenir sous la présidence française de l'Union européenne", a rappelé le responsable LR, devant un hémicycle où avaient été déployés des drapeaux français et européens. "L'Ukraine, ainsi que la Moldavie, ont vu s'ouvrir devant elles, de façon irrépressible, un destin européen", a ajouté Gérard Larcher, qui a rendu un vibrant hommage au pays en guerre et à ses dirigeants.
"Le Sénat, et nombre d'autres parlements nationaux, seront à vos côtés dans les mois à venir, pour faire vivre ce statut de candidat et pour que d'ici la décision d'adhésion, votre pays et votre Peuple recueillent sans tarder les fruits concrets de votre arrimage à l'Union européenne", s'est engagé le président du Sénat, qui avait reçu début juin le président de la Rada (parlement ukrainien), Rouslan Stefantchouk. Le processus d'adhésion risque de prendre plusieurs années, en raison notamment de stricts critères concernant l'état de droit et l'économie des pays candidats.
