Une bonne nouvelle pour la sécurité alimentaire de nombreux pays. La Russie et l'Ukraine ont signé, vendredi 22 juillet à Istanbul, avec l'ONU et la Turquie, un accord pour débloquer les exportations de céréales face aux risques de famines dans le monde. Les deux belligérants ont paraphé deux textes identiques mais séparés, à la demande des Ukrainiens qui refusaient de signer avec les Russes. Pendant ce temps-là, les bombardements se poursuivaient dans l'est et le sud de l'Ukraine.

Des missiles russes tirés sur le port d'Odessa, crucial pour l'accord sur l'exportation des céréales

Des missiles russes ont visé, ce samedi midi, le port d'Odessa sur la mer Noire, a annoncé l'Ukraine. "L'ennemi a attaqué le port d'Odessa avec des missiles de croisière de type Kalibr. Deux missiles ont été abattus par la défense antiaérienne", a indiqué un porte-parole de l'administration de la région d'Odessa, Serguiï Bratchouk, dans un communiqué posté sur les réseaux sociaux. "Deux autres missiles ont touché le territoire portuaire, où, évidemment, il y a des céréales", a ajouté le porte-parole de l'armée de l'air ukrainienne, Iouri Ignat.

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Cette attaque a lieu le lendemain de la signature par Kiev et Moscou d'un accord devant permettre la reprise des exportations de céréales ukrainiennes bloquées par la guerre. L'Ukraine a ainsi accusé Vladimir Poutine, le président russe, d'avoir "craché au visage" de l'ONU et de la Turquie. La Russie assumera "l'entière responsabilité" en cas d'échec de l'accord sur les exportations de céréales, a également prévenu Kiev.

Josep Borrell, le chef de la diplomatie de l'Union européenne, a condamné les frappes russes, tandis que la Turquie s'est dite préoccupée."Les Russes nous ont dit qu'ils n'avaient absolument rien à voir avec cette attaque et qu'ils examinaient la question de très près", a d'ailleurs déclaré le ministre turc de la Défense, Hulusi Akar, alors que Moscou n'avait pas réagi officiellement samedi.

L'Union africaine "se félicite" de l'accord sur les céréales

L'Union africaine (UA) s'est "félicitée", ce samedi, de l'accord signé entre la Russie et l'Ukraine pour débloquer les exportations de céréales, un "développement bienvenu" pour le continent qui fait face à un risque accru de famine. Cet accord est "une réponse" à la visite en juin en Russie du chef de l'Etat sénégalais Macky Sall, président en exercice de l'UA, et de Moussa Faki, président de la commission de l'UA. Tous deux avaient souligné auprès de Vladimir Poutine "l'urgence du retour des céréales d'Ukraine et de Russie sur les marchés mondiaux", souligne l'organisation dans un communiqué.

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"L'UA réitère (son) appel à un accord immédiat de cessez-le-feu et l'ouverture de nouvelles négociations politiques sous les auspices du Nations Unies dans l'intérêt de la paix et de la stabilité mondiales", ajoute le communiqué. L'invasion de l'Ukraine par la Russie - deux pays qui assurent à eux deux 30% des exportations mondiales de blé - a conduit à une flambée des cours des céréales et des huiles, ainsi que des engrais.

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De son côté, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a estimé, vendredi, que l'ONU était responsable du respect de l'accord sur l'exportation de céréales ukrainiennes trouvé à Istanbul. Le cours du blé a fortement chuté vendredi à Chicago et sur Euronext, retrouvant son cours d'avant la guerre en Ukraine, en réaction à l'accord signé.

Trois morts, dont un militaire, après des frappes russes

Au moins trois personnes, dont un militaire, ont été tuées lors de la chute de missiles russes sur des infrastructures ferroviaires et un aérodrome militaire dans le centre de l'Ukraine, ce samedi, a annoncé le gouverneur de Kirovograd. "Neuf militaires ukrainiens ont été blessés et un soldat a été tué. Selon les informations préliminaires, deux gardiens d'une sous-station électrique ont été tués", a déclaré Andriy Raikovytch, chef de la région de Kirovograd, aux médias ukrainiens.

Washington annonce une nouvelle aide militaire de 270 millions de dollars à l'Ukraine

Les Etats-Unis ont annoncé, vendredi, une nouvelle tranche d'aide militaire à l'Ukraine à hauteur de 270 millions de dollars, comprenant notamment quatre nouveaux systèmes d'artillerie de précision Himars. Washington aura ainsi fourni à Kiev, après cette nouvelle livraison, un total de 20 unités de ces lance-roquettes multiples montés sur des blindés légers, a précisé John Kirby, porte-parole de la Maison Blanche sur les questions stratégiques.

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La Russie a "lancé des bombardements mortels dans tout le pays, frappant des centres commerciaux, des immeubles d'habitations, tuant des civils ukrainiens innocents", a dit John Kirby. Face à ces atrocités, le président a clairement indiqué que nous allions continuer de soutenir le gouvernement ukrainien et son peuple aussi longtemps que nécessaire", a-t-il ajouté.

En Russie, plus de 3 300 affaires pour "discréditation" de l'armée, selon une ONG

La police russe a ouvert plus de 3 300 affaires pour "discréditation" de l'armée - une infraction entrée en vigueur début mars pour faire taire les critiques de l'offensive en Ukraine - a indiqué vendredi l'ONG "Setevye Svobody". Cette dernière, qui apporte une aide juridique aux personnes victimes de répressions politiques en Russie, a précisé avoir calculé ce chiffre entre le 4 mars et le 14 juillet, sur les bases de données du ministère russe de l'Intérieur.

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"En moyenne, la police russe établit 35 procès-verbaux pour discréditation de l'armée par jour ouvré", a indiqué l'ONG sur son compte Telegram. Cette infraction est passible d'amendes allant jusqu'à 100 000 roubles (1 700 euros) pour un individu ordinaire et jusqu'à un million de roubles (17 000 euros) pour une personne morale. C'est à un tribunal, après audience, de fixer le montant de l'amende. Toujours selon l'ONG, les tribunaux russes ont déjà ordonné plus de 1 500 amendes pour "discréditation" de l'armée, pour un total de plus de 50 millions de roubles (845 000 euros).

Londres soutiendra l'Ukraine quel que soit le prochain dirigeant, assure Boris Johnson

Le Premier ministre britannique démissionnaire, Boris Johnson, a assuré vendredi au président ukrainien Volodymyr Zelensky que le soutien du Royaume-Uni envers l'Ukraine ne faiblirait pas, quel que soit son successeur, selon Downing Street.

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Cerné par les scandales, Boris Johnson, l'un des plus fervents soutiens du président Zelensky face à l'invasion russe, a annoncé son départ il y a deux semaines. Les deux candidats en lice pour lui succéder, la ministre des Affaires étrangères Liz Truss et l'ex-ministre des Finances Rishi Sunak, ont assuré qu'ils poursuivraient à cet égard la politique du Premier ministre sortant.

En Russie, une opposante enceinte poursuivie pour un tweet sur l'Ukraine

Les autorités russes ont ouvert, vendredi, une enquête contre une élue d'opposition enceinte, Khelga Pirogova, accusée de "diffusion de fausses informations" après avoir critiqué l'organisation de funérailles fastueuses pour des soldats tués en Ukraine. Dans un communiqué, le Comité d'enquête russe, chargé des principales affaires criminelles, a indiqué qu'elle était poursuivie pour "diffusion publique d'informations fausses sur l'utilisation des forces armées". Selon l'article du Code pénal invoqué, elle risque trois ans de prison. Elle a été brièvement détenue et interrogée jeudi au commissariat central de Novossibirsk, en Sibérie, où elle est députée municipale.

Contactée par l'AFP, la jeune opposante a dit être enceinte de quatre mois. "Ils ont besoin d'un ennemi intérieur avec lequel ils peuvent lutter facilement, car ils ont plus de mal avec leur ennemi extérieur", a-t-elle dit. Le 15 juillet, Khelga Pirogova avait réagi sur Twitter à un article du média indépendant Mediazona évoquant des funérailles fastueuses organisées pour des volontaires russes tués lors du conflit en Ukraine.