Six mois après l'invasion de l'Ukraine par la Russie, une frappe russe a fait, mercredi 24 août, le jour de la fête nationale ukrainienne, au moins 25 morts et des dizaines de blessés dans une gare ferroviaire, a annoncé le président Volodymyr Zelensky. "Aujourd'hui marque un jalon triste et tragique", a pour sa part estimé le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, à propos de la date anniversaire du déclenchement - le 24 février - des combats.

La centrale nucléaire de Zaporijia "totalement déconnectée" du réseau

La centrale nucléaire de Zaporijia, la plus grande d'Europe, sous contrôle russe et victime de plusieurs bombardements, est "totalement déconnectée" du réseau après l'endommagement des lignes de communication, a annoncé ce jeudi l'opérateur ukrainien Energoatom.

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"Les deux réacteurs de la centrale en fonctionnement ont été déconnectés du réseau. En conséquence, les actions des envahisseurs ont provoqué une déconnexion totale de la centrale nucléaire de Zaporijia du réseau électrique, pour la première fois dans son histoire", a indiqué le groupe d'Etat Energoatom sur Telegram. Selon l'opérateur ukrainien, des incendies sur le territoire de la centrale thermique de Zaporijia, située à proximité de la centrale nucléaire dans le sud de l'Ukraine, ont provoqué par deux fois la déconnexion de la dernière ligne de communication reliant le site au réseau électrique. "Trois autres lignes de communication avaient été précédemment endommagées lors d'attaques terroristes" russes, poursuit Energoatom. L'approvisionnement en électricité de la centrale nucléaire en elle-même est assuré depuis la centrale thermique, selon la même source. "Des opérations sont en cours pour connecter un réacteur au réseau", a-t-elle ajouté.

Au moins 25 morts dans une frappe russe sur une gare

Au moins 25 personnes ont été tuées, mercredi, par une frappe russe ayant touché la gare ferroviaire de Tchapliné, dans le centre de l'Ukraine, selon un nouveau bilan annoncé en soirée par le président ukrainien Volodymyr Zelensky. "Pour le moment, il y a 22 morts, dont cinq personnes qui ont brûlé dans une voiture" et un garçon de 11 ans, a déclaré Volodymyr Zelensky dans son allocution du soir. "Les opérations de recherche et de sauvetage vont se poursuivre", a indiqué le chef d'Etat ukrainien, dont les services faisaient état, jeudi, dans un nouveau bilan, de 25 morts. "Nous allons faire en sorte que les agresseurs paient pour tout ce qu'ils ont fait. Et nous allons les chasser de notre terre", a-t-il ajouté.

Les responsables de ces bombardements "devront rendre des comptes", a averti ce jeudi le chef de la diplomatie de l'Union européenne, Josep Borrell. "L'UE condamne fermement les frappes russes atroces menées contre des civils", a-t-il tweeté. Plusieurs missiles ont notamment frappé la gare ferroviaire et des habitations de Tchapliné faisant "25 morts, dont deux enfants, et 32 blessés", selon un bilan fourni par l'opérateur des trains ukrainiens.

La Russie a, de son côté, affirmé avoir tué "plus de 200 militaires ukrainiens" dans cette frappe. Un missile Iskander "a directement touché un train militaire dans la gare de Tchapliné, dans la région de Dnipropetrovsk, éliminant plus de 200 militaires de la réserve des Forces armées ukrainiennes" ainsi que des équipements, a déclaré le ministère russe de la Défense dans un communiqué ce jeudi.

L'Ukraine veut un tribunal international pour juger l'agression de la Russie dès l'an prochain

Au septième mois de la guerre, Kiev a l'intention de créer, dès l'an prochain, un tribunal international afin d'y juger le président russe Vladimir Poutine et les responsables de l'invasion de l'Ukraine, a révélé à l'AFP un haut responsable ukrainien. Ce plan est chapeauté par Andriï Smirnov, le chef adjoint de l'administration présidentielle ukrainienne.

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"C'est la seule option pour que soient tenus rapidement responsables les criminels qui ont démarré la guerre contre l'Ukraine. La meilleure, la plus rapide et la plus efficace", a insisté dans un entretien à l'AFP Andrïï Smirnov. Le "crime d'agression" est similaire à la notion de "crime contre la paix" utilisée dans les procès de Nuremberg et de Tokyo, au sortir de la Seconde Guerre mondiale.

La Cour pénale internationale (CPI) a déjà commencé à enquêter sur les crimes pour lesquels elle est compétente - génocide, crime contre l'humanité et crime de guerre - mais ne peut se saisir des accusations de "crime d'agression" car ni Moscou, ni Kiev n'ont ratifié le statut de Rome, l'établissant en 2010.

Beaune appelle à "faire la lumière" sur les accusations contre TotalEnergies

Le ministre délégué aux Transports, Clément Beaune, a appelé jeudi à "faire la lumière" sur les accusations contre TotalEnergies après la publication d'informations dans Le Monde selon lesquelles du gaz produit par une de ses coentreprises aurait servi aux avions de guerre russes.

"C'est un sujet extrêmement sérieux, donc il faut bien vérifier que, volontairement ou involontairement, il n'y a pas de détournement soit des sanctions, soit de l'énergie qu'une entreprise française, ou autre, produirait", a déclaré le ministre sur France 2.

Albanie : maintien en détention de deux Russes et d'un Ukrainien soupçonnés d'espionnage

Un tribunal albanais a ordonné, mercredi 24 août, le maintien en détention de deux Russes et d'un Ukrainien soupçonnés d'espionnage. Ils ont été arrêtés samedi dernier pour avoir tenté d'entrer par la force dans une usine d'armement en Albanie en blessant deux soldats. "La cour est d'avis qu'ils doivent rester à la disposition de la justice jusqu'à la fin de l'enquête", a déclaré le président de la cour d'Elbasan, Pajtime Fetahu, à l'issue de l'audience à huis clos.

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"Ils sont soupçonnés d'avoir tenté de soustraire des renseignements militaires ou de tout autre type afin de les livrer à une puissance étrangère, ce qui porte atteinte à l'indépendance du pays", a-t-il ajouté. Les trois accusés, qui risquent dix ans de prison, rejettent toutes les accusations et exigent d'être libérés sans délai, selon leurs avocats. L'un des hommes a attaqué les gardes qui l'ont surpris prenant des photos de l'usine de Gramsh (centre) où sont démantelées des armes non utilisées, avait expliqué, dimanche, le ministre de la Défense Niko Peleshi.

Moscou pourrait annoncer un référendum "illégitime" en Ukraine occupée, selon les Etats-Unis

Moscou pourrait annoncer dès cette semaine un ou plusieurs référendums "illégitimes" en Ukraine occupée, pour tenter de justifier une annexion de territoires ukrainiens à la Russie, a déclaré mercredi à la presse un porte-parole de la Maison Blanche, John Kirby.

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"Nous avons des informations selon lesquelles la Russie continue de préparer des simulacres de référendum" à Kherson (sud), à Zaporijia, dans les régions séparatistes de Donetsk et Lougansk, ainsi qu'à Kharkiv. La direction russe a donné pour instruction de préparer la tenue de ces référendums", a-t-il déclaré. "En fait, nous nous attendons à une annonce russe sur le ou les premiers de ces simulacres de scrutins avant la fin de la semaine", a ajouté John Kirby.

"Les Etats-Unis et la communauté internationale ont été très clairs : toute tentative visant à contrôler un territoire souverain de l'Ukraine sera considérée comme illégitime", a-t-il poursuivi. Les Etats-Unis s'attendent à ce que la Russie "manipule les résultats de ces référendums pour prétendre que le peuple ukrainien veut rejoindre la Russie", a encore accusé le porte-parole américain.

Russie : la chute de la production industrielle ralentit

La production industrielle en Russie a baissé de 0,5% en juillet sur un an, a affirmé mercredi l'agence statistique officielle. Cette baisse est toutefois inférieure aux prévisions, pouvant laisser penser que l'économie s'adapte aux sanctions. Ce chiffre, publié par l'agence Rosstat, signifie que la production industrielle, un indicateur donnant la température de l'économie, en baisse sur un an, a toutefois augmenté de 1,8% par rapport au mois de juin 2022.

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Parmi les secteurs les plus lourdement touchés, on trouve la production automobile, qui enregistre en juillet 2022 une baisse de 80,6% par rapport au mois de juillet 2021. Le volume de production est cependant en hausse de 44,5% par rapport à juin 2022. Ces chiffres montrent que si les sanctions occidentales visant Moscou en pleine offensive contre l'Ukraine continuent de mettre l'économie russe sous pression, elles n'ont pour l'instant pas eu l'effet dévastateur anticipé par certains.

La Suisse veut réduire sa consommation de gaz de 15%

Menacée comme d'autres pays européens par la crise énergétique, la Suisse veut réduire de 15% cet hiver sa consommation de gaz, qu'elle importe en totalité, a annoncé mercredi le gouvernement, emboîtant le pas de l'UE. Dans un communiqué, le Conseil fédéral (gouvernement) dit avoir "décidé que la Suisse devait dès à présent contribuer, comme d'autres pays, à éviter autant que possible une situation de pénurie de gaz en prenant des mesures volontaires".

L'objectif est de réduire la demande de gaz de 15% pendant le semestre d'hiver - d'octobre 2022 à fin mars 2023 - par rapport à la consommation moyenne des cinq dernières années. Bruxelles a déjà demandé cet été aux 27 pays membres de l'Union européenne - dont la Suisse ne fait pas partie - de réduire de 15% leur consommation de gaz afin d'empêcher solidairement que ne survienne une situation de pénurie et de garantir un approvisionnement suffisant pour l'hiver à venir.