Le 2 juin 1953, le monde entier a les yeux rivés sur l'abbaye de Westminster où Elizabeth II est couronnée reine, à l'âge de 27 ans. Dix-sept jours plus tôt, le premier numéro de L'Express sortait des rotatives, porté par le dynamisme des fondateurs du journal : Jean-Jacques Servan-Schreiber et Françoise Giroud. Durant soixante-dix ans, notre magazine a été le témoin des hauts et des bas du règne le plus long de l'histoire de la monarchie britannique. A travers nos archives, nous vous proposons de revoir nos plus belles unes et de parcourir une sélection d'articles consacrés à Elizabeth II, couronnée à la naissance de L'Express et décédée à l'aube de notre 70e anniversaire.
6 juin 1953 - L'intoxiqué du couronnement
L'Express a moins de trois semaines lorsque Elizabeth II est couronnée le 2 juin 1953. Dans un billet d'humeur, le journal ironise sur la ferveur populaire et l'emballement médiatique qui entourent l'évènement. "On a bien signalé quelques cas isolés de lecteurs allergiques au couronnement qui ont traversé victorieusement l'épidémie, mais ils sont si rares qu'on a tendance à les considérer comme des anormaux."

Le couronnement de la reine Elizabeth II vu par L'Express.
© / L'Express
15 octobre 1955 - La princesse Margaret victime de la raison d'Etat
La princesse Margaret, soeur cadette d'Elizabeth II, tombe amoureuse de Peter Townsend, capitaine de la Royal Air Force divorcé et père de deux enfants. La reine refuse de donner son aval à une possible union. L'histoire d'amour de la soeur de la souveraine est sacrifiée sur l'autel de la raison d'Etat. Autres temps, autres moeurs : quatre décennies plus tard, trois des quatre enfants de la reine divorceront.

La princesse Margaret en une du numéro du 1er novembre 1955.
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Face à l'ampleur médiatique consacrée aux déboires sentimentaux d'une princesse royale, Albert Camus s'émeut dans nos colonnes de ces deux poids, deux mesures : alors qu'un ouvrier couvreur vient de trouver la mort au travail, la presse et l'opinion ont les yeux rivés sur les déboires de la monarchie anglaise.

Deux poids, deux mesures : alors qu’un ouvrier couvreur vient de trouver la mort au travail, la presse et l’opinion ont les yeux rivés sur les déboires de la monarchie anglaise.
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25 juillet 1986 - Divergences avec la Dame de fer
Elizabeth II a connu quinze Premiers ministres dont trois femmes. Ses relations avec Margaret Thatcher, au pouvoir de 1979 à 1990, ont toujours été tendues, comme l'illustre cet article de 1986.
"Que la souveraine et son Premier ministre ne se portent pas une affection excessive n'est un mystère pour personne. Après tout, la Constitution britannique ne l'exige pas. Elle fixe, en revanche, de strictes limites au rôle politique du monarque, invité pratiquement à n'avoir d'autre opinion que celle de son gouvernement. Officiellement, la reine ne peut qu'"être consultée, mettre en garde et encourager". Or la voilà, selon des membres - anonymes - de son entourage en complet désaccord avec la politique suivie par Maggie dans toutes sortes de domaines. Elle lui reproche de manquer de compassion à l'égard de ses sujets les plus défavorisés. L'intransigeance du Premier ministre, dans l'interminable grève des mineurs en 1984-1985, lui a fait craindre que le tissu social du pays ne soit pour longtemps détérioré. En fait, c'est toute la politique de Margaret Thatcher qui, à ses yeux, risque de saper le consensus politique intérieur, si bénéfique à la Grande-Bretagne depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale."

Margaret Thatcher reçoit des applaudissements en octobre 1989, à l'issue d'un congrès du parti conservateur à Blackpool. A sa droite, le ministre de l'Intérieur John Hurt, et à sa gauche le ministre des Affaires étrangères John Major. Ce dernier lui succèdera en novembre 1990, après son départ forcé.
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21 août 1997 - A quoi servent les rois et les reines ?
Une semaine avant le décès de Lady Di, L'Express consacre sa une aux têtes couronnées des monarchies européennes et met en avant le courant républicain émergeant en Grande-Bretagne, tout en saluant le sens du devoir inébranlable de la reine Elizabeth.
"Jamais, depuis Cromwell, la monarchie n'a semblé si menacée, même lors de la crise de 1936 (provoquée par la volonté d'Edouard VIII d'épouser Wallis Simpson, une divorcée). Du coup, les journaux s'enhardissent et passent à la rébellion. "C'est l'heure de la république", affichait, le premier, comme un manifeste, The Independent on Sunday, le 18 février 1996. "La reine, qui a admirablement rempli ses devoirs, devrait rester sur le trône jusqu'à sa mort ou son abdication. Mais la question sur la république doit être posée par référendum et le débat, longtemps gardé sous le boisseau, ouvert", pouvait-on lire."

La reine Elizabeth II à la une du n° 2407 daté du 21 août 1997.
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18 décembre 2019 - Elizabeth II, membre de la famille royale préféré des Britanniques
Au terme de soixante-dix ans de règne, L'Express salue le sens du devoir et la popularité d'Elizabeth II qui a voué sa vie entière au service de la couronne britannique.
"Paradoxalement, c'est cette femme réservée, rêvant d'une vie discrète à la campagne, entourée de sa famille, ses chiens et ses chevaux, qui a réussi à définir les contours d'une monarchie moderne. Les sondages le montrent : depuis une vingtaine d'années, le taux de popularité d'Elisabeth II dépasse 70 %. Pour le 60e anniversaire de son règne, en 2012, 80 % des Britanniques plébiscitaient leur souveraine. Mission accomplie, Ma'am !"

Elizabeth II, une vie entière dévouée à la couronne britannique.
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