Le symbole est fort et réunit deux actualités, les prochains Jeux olympiques de Rio et l'actuelle crise des migrants. Un réfugié syrien âgé de 27 ans, Ibrahim al-Hussein, handicapé de guerre devenu grand sportif, a porté la flamme des JO dans un camp de migrants d'Athènes, un geste qu'il doit notamment à la volonté du Haut commissariat aux réfugiés de l'ONU.
Avec le maillot officiel blanc à manches jaunes "Rio 2016", le jeune homme a allumé sa torche sur celle du président du Comité olympique hellénique, Spyros Kapralos, mardi soir.
Des athlètes réfugiés aux JO
Un passage de relais qui était une promesse du président du Comité international olympique (CIO) Thomas Bach. Il avait aussi annoncé qu'une délégation d'athlètes réfugiés participerait aux Jeux qui se tiennent du 5 au 21 août.

Syrian refugee and amputee swimmer Ibrahim al-Hussein (C), 27, greets refugees as the Olympic Flame torch relay passes through the Eleonas refugee camp in Athens on April 26, 2016. The Syrian swimmer and judoka, who lost his lower leg in a bombing and who was granted asylum in Greece, carried the flame of the Rio Olympics through the refugee camp, where some 1,600 asylum seekers are being given temporary shelter amid Europe's worst migrant crisis since World War II. / AFP PHOTO / LOUISA GOULIAMAKI
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L'échange de la flamme s'est tenu au milieu d'une joyeuse cohue de réfugiés et de médias dans le camp d'Eleonas, qui abrite 1620 personnes dans une banlieue industrielle d'Athènes.

People gather as the Olympic Flame torch is relayed at the Eleonas refugee camp in Athens on April 26, 2016. The Syrian swimmer and judoka, who lost his lower leg in a bombing and who was granted asylum in Greece, carried the flame of the Rio Olympics through the refugee camp, where some 1,600 asylum seekers are being given temporary shelter amid Europe's worst migrant crisis since World War II. / AFP PHOTO / LOUISA GOULIAMAKI
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La Grèce héberge actuellement 54 000 migrants et réfugiés, dont 8000 arrivés depuis le 20 mars. Tous sont voués à être renvoyés en Turquie, en vertu d'un accord très controversé entre celle-ci et l'Union européenne.

Refugees gather during as the Olympic Flame torch is relayed in the Eleonas refugee camp in Athens on April 26, 2016. The Syrian swimmer and judoka, who lost his lower leg in a bombing and who was granted asylum in Greece, carried the flame of the Rio Olympics through the refugee camp, where some 1,600 asylum seekers are being given temporary shelter amid Europe's worst migrant crisis since World War II. / AFP PHOTO / LOUISA GOULIAMAKI
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Parmi les spectateurs de la scène, un bébé afghan, brandi derrière les deux hommes par son père, avec sur la tête un chapeau de papier où on pouvait lire Open border, I am [an] afghan child: "Ouvrez les frontières, je suis un enfant afghan".
Ibrahim al-Hussein était électricien en Syrie, originaire de la zone troublée de Deir Ezzor. Un bombardement lui a fait perdre son pied droit. Il a néanmoins entrepris le périple vers l'Europe, laissant derrière lui sa famille, 13 frères et soeurs, et a depuis obtenu l'asile.
La "grande émotion" d'Al-Hussein
Nageur de compétition en Syrie et judoka, Ibrahim al-Hussein a conservé des temps très compétitifs et pratique désormais le basket en fauteuil roulant. Il loue un appartement à Athènes et est serveur dans un restaurant.

Syrian refugee and amputee swimmer Ibrahim al-Hussein, 27, holds the Olympic Flame torch as it is relayed through the Eleonas refugee camp in Athens on April 26, 2016. The Syrian swimmer and judoka, who lost his lower leg in a bombing and who was granted asylum in Greece, carried the flame of the Rio Olympics through the refugee camp, where some 1,600 asylum seekers are being given temporary shelter amid Europe's worst migrant crisis since World War II. / AFP PHOTO / LOUISA GOULIAMAKI
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"C'est une grande émotion", a confié le sportif syrien aux journalistes, en remerciant la Grèce, qu'il "aime" pour son hospitalité. Et d'encourager tous les réfugiés "à sortir du camp et à essayer de réaliser leurs rêves". La flamme qui a porté "signifie solidarité et paix dans le monde" a l'approche de la compétition internationale.
Thomas Bach, du CIO, voyait en ce symbole "un message d'espoir et de confiance aux réfugiés" et la volonté "d'attirer l'attention du monde sur le sort et le problème des 60 millions de réfugiés dans le monde". Pour ce choix, le Haut commissariat aux réfugiés de l'ONU (UNHCR) à Athènes s'est appuyé sur le conseil hellénique des réfugiés.
Après le camp d'Eleonas, la flamme a passé la nuit au musée de l'Acropole. Ce mercredi, elle doit être remise à la délégation brésilienne dans le stade de marbre d'Athènes, théâtre des premiers JO modernes en 1896. Elle débarquera le 3 mai à Brasilia pour faire le tour du Brésil: 12 000 porteurs sont prévus jusqu'à son arrivée, le 5 août, au stade Maracana de Rio pour la cérémonie d'ouverture.