Ce samedi sur les Ramblas de Barcelone, le slogan "No Tinc Por", "Je n'ai pas peur", a résonné à nouveau. Fleurs à la main, des dizaines de milliers d'Espagnols et d'étrangers se sont rassemblés pour une grande manifestation de "rejet du terrorisme", neuf jours après les attaques qui ont fait 15 morts à Barcelone et Cambrils.
Selon la Guàrdia urbana, la police municipale de la ville de Barcelone, citée par la presse espagnole, un demi-million de personnes ont défilé sur le Paseo de Gràcia et le centre de Barcelone, faisant du défilé un moment historique d'unité nationale.
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Fait exceptionnel, le roi Felipe VI s'est joint aux manifestants, devenant ainsi le premier souverain espagnol à participer à une manifestation depuis le rétablissement de la monarchie en 1975.
Il se positionnait plusieurs rangs derrière la banderole de tête, de même que le chef du gouvernement conservateur Mariano Rajoy, et de très nombreuses personnalités politiques: ministres, présidents de régions, chefs de différents partis...
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De très nombreuses bannières l'interpellaient: "Felipe, qui veut la paix ne fait pas le commerce des armes". Certaines d'entre elles ont d'ailleurs trouvé leur chemin devant le roi lui-même...
Chaque apparition du roi Felipe sur les écrans géants a été hué par la foule, comme on peut le voir dans la vidéo ci-dessous. "Fora Borbón", "Dehors les Bourbon", scandaient certains manifestants, fustigeant la dynastie régnante en Espagne. Le Premier ministre Mariano Rajoy a subi le même traitement, certains participants refusant la récupération du drame par le gouvernement.
Le premier rang était réservé aux "représentants des collectifs qui, dès la première minute, s'étaient occupés des victimes", selon le souhait de la mairie: policiers, pompiers en uniformes, médecins en blouse blanche, chauffeurs de taxis, commerçants et habitants des Ramblas.
"La millor resposta: la pau", "La meilleure réponse est la paix", brandissaient de nombreux manifestants.

Manifestation de "rejet du terrorisme", le 26 août 2017, à Barcelone en réaction aux attentats qui ont fait 15 morts et au moins 126 blessés en Catalogne
© / afp.com/LLUIS GENE
D'autres portaient un panneau lançant: "Non à l'islamophobie".
"Emplissons les rues de paix et de liberté", avait souhaité la mairie de la deuxième de ville d'Espagne.
Tensions entre Madrid et Barcelone
Alors que le torchon brûle entre le gouvernement espagnol et la région de Catalogne dirigée par des séparatistes, la marche unitaire de Barcelone devait pourtant être l'occasion d'une trêve, le temps d'une journée.
Le président catalan, Carles Puigdemont - résolu à organiser un référendum d'autodétermination le 1er octobre, au grand dam de Madrid - y apparaissait non loin du chef du gouvernement Mariano Rajoy. Souvent accusé d'avoir jeté de l'huile sur le feu de ce conflit, ce dernier Rajoy avait cependant parlé "d'amour" pour les Catalans et pour Barcelone, vendredi, à la veille de la manifestation. Il avait aussi fait l'éloge de la police catalane, "la cellule terroriste ayant été complètement désarticulée cent heures à peine après l'attentat".
D'autres manifestations similaires étaient annoncées dans le pays, à Madrid, Valence ou encore Vigo.